RDC: la hausse du prix de l’ivoire expose les éléphants et les gardes de parc

Buffles et éléphant dans le parc des Virunga, Nord-Kivu, 2004.

La hausse du prix de l’ivoire au niveau international expose les éléphants de la RDC et la vie des gardes de parc, estiment les défenseurs de l’environnement. Selon eux, les  trafiquants des pays asiatiques, qui travaillent avec des braconniers des réseaux africains, vont faire pression pour obtenir des fournisseurs plus d’ivoires.
 
Les autorités congolaises prennent des dispositions pour que cette situation n’affecte pas la principale cible de ces braconniers : le parc de la Garamba (Haut-Uélé). Selon  un responsable de l’Institut congolais pour  la conservation  de la nature (ICCN), des opérations mixtes entre les FARDC et les gardes de parc, qui se font depuis une année et qui produisent les résultats positifs, vont être renforcées.
Il révèle qu’entre  2013 et 2014, 150 éléphants avaient été abattus.  Le responsable de l’ICCN incrimine des groupes armés des éleveurs, qui viennent de la zone frontalière où il y a des conflits armés.
Des gardes de parc de la Garamba ont confié à l’Agence France presse (AFP) que, malgré toutes les tueries dont ils sont victimes de la part des assaillants, ils n’ont pas peur. Ils sont toujours prêts à lutter contre le braconnage.
Selon eux, ceux qui opèrent dans la Garamba sont des éléments de rébellion ougandaise de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA), des groupes armés sud-soudanais, d'éleveurs nomades venus du Soudan ou de la Centrafrique ou même  des chasseurs non identifiés, qui peuvent tuer un éléphant depuis un hélicoptère, d'une simple balle dans la tête.
 
Dans  la guerre que mène l'Afrique pour la survie des éléphants, la RDC a perdu beaucoup de gardes du parc. Plus de 300 gardes sont morts au cours de 10 dernières années de suite de l’insécurité et du braconnage armé.
«André Migifuloyo et Djuma Uweko ont vécu ensemble et travaillé ensemble à la protection des éléphants de République démocratique du Congo. En octobre dernier, ils sont morts ensemble, victimes de braconniers, prêts à tout pour trouver de l'ivoire. Un autre garde et un soldat congolais perdirent la vie ce jour-là», a témoigné un garde de parc auprès des journalistes de l’AFP.
Des mesures ad hoc
Les braconniers n'hésitent pas à tuer. African Parks, organisation sud-africaine de défense de la nature qui cogère le parc avec les autorités congolaises, a donc fait appel à des instructeurs militaires et s'est dotée d'un hélicoptère.
Les 120 gardes  ressemblent de plus en plus à la force paramilitaire qu'il leur faut être pour gagner la guerre de l'ivoire, rapporte l’AFP
En 2015, il y a eu 28 fusillades recensées avec les braconniers. Quatre gardes ont été tués et 114 éléphants abattus, soit près d'un dixième de ceux qui restent dans la Garamba.
Quarante ans plus tôt, le parc abritait 23.000 éléphants et près de 500 rhinocéros blancs du Nord. Le dernier rhinocéros a été tué il y a dix ans et les gardes se battent pour éviter que les éléphants ne subissent le même sort.

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