Les pratiquants d’arts martiaux volontaires pour lutter contre le banditisme à Kinshasa

Les pratiquants d’arts martiaux dans plusieurs communes de Kinshasa se sont depuis quelques mois organisés pour appuyer la police nationale dans la traque des bandits et autres malfrats qui créent l’insécurité dans plusieurs communes de la capitale congolaise.
 
D’après des témoignages recueillis mercredi par Radio Okapi auprès des habitants de certaines communes de la Tshangu, une circonscription de Kinshasa,  ces jeunes sportifs se font eux-mêmes appelés «Maitre-volontaires» ou «Anti-Kuluna».
 
«Notre travail consiste à protéger les paisibles citoyens, souvent victimes des Kulunas,  le jour comme la nuit. Nous nous battons pour que les kinois soient libres de circuler de minuit jusqu’au petit matin sans s’inquiéter», a expliqué à Radio Okapi, un maître-volontaire qui opère dans la commune de Masina à Kinshasa.
 
Les avis des Kinois divergent cependant sur l’apport des « maitres volontaires » dans la lutte contre le banditisme urbain à Kinshasa, appelé Kuluna.
 
Dans certaines communes de Kinshasa, où des cas de banditisme urbain sont fréquents, la population dit soutenir cette pratique.
 
«Ils n’hésitent pas à braver le danger pour traquer, voire procéder à l’interpellation des bandits. Ce que la police ne fait toujours lorsqu’elle est saisie pour des cas de Kuuluna», témoigne un habitant de Masina.
 
D’autres habitants de Kinshasa en revanche accusent les maitres-volontaires d’abus. «En l’absence des policiers, ils deviennent eux-mêmes des Kuluna. La plupart d’ailleurs ont été des anciens Kuluna. Quand tu te retrouves seul, surtout dans la nuit en face d’eux, ils vous agressent», déplore un habitant de N’Djili, une commune de la Tshangu.
 
Pour la police nationale cependant, ces «maitres volontaires» opèrent en dehors du cadre légal définit par l’état congolais en matière de collaboration entre la police et la population.
 
«Identifier un groupe des gens pour faire le travail de la police, c’est en dehors de la police de proximité. C’est une histoire qui prend forme mais que nous devons décourager. Il peut y avoir des abus. Et sur le plan de la loi, ils ne sont pas autorisés à le faire», a soutenu le porte-parole de la police, le colonel Mwana Mputu.
 
Selon lui, ces jeunes devraient se limiter à fournir des renseignements à la police afin qu’elle soit efficace contre les Kuluna au lieu de s’arroger les prérogatives des forces de l’ordre en procédant eux-mêmes aux interpellations.
 
Le porte-parole de la police précise cependant qu’en cas des flagrance, les témoins des faits infractionnels ont le devoir d’interpeller les coupables avant l’arrivée de la police.  ​

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