Z’ahidi Ngoma : l’homme et son parcours

Arthur Z'ahidi Ngoma est décédé mercredi 5 octobre à Paris, après une longue maladie. Président national du mouvement Politique « Forces du Futur » et président du regroupement politique « Camp de la Patrie », il a travaillé au sein de l’UNESCO avant d’embrasser la carrière politique en passant par la rébellion du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD).

Né le 18 septembre 1947 à Kalima au Maniema. Il a été vice-président en charge des Affaires sociales et culturelles pendant la transition de 2003 à 2006 en RDC. On comptait alors 4 vice-présidents, tous issus des factions rebelles qui sévissaient dans l’Est du pays.

Z’ahidi Ngola est détenteur d’une Licence en Droit de la Faculté de Droit et des sciences économiques de l’Université d’Orléans (France) en 1976. Il détient aussi un Doctorat d’État en Droit de l’Université de Paris I (Panthéon Sorbonne) en 1981.

Depuis Kinshasa où il était étudiant à l’Université Lovanium (actuel Université de Kinshasa), Z’ahidi Ngoma a combattu le régime de Mobutu (au pouvoir de 1965-1997).

Il a pris part à de nombreuses manifestations organisées par les étudiants. Il fut arrêté le 4 juin 1969 lors de la marche estudiantine.

Cette manifestation réprimée par le régime de Mobutu a fait 180 morts dans les rangs des étudiants.

Z’ahidi sera incarcéré au camp militaire Lieutenant Kokolo à Kinshasa. Il va réussir à s’évader et se dirige en France où il a poursuivi et achevé ses études universitaires.

De l’UNESCO à la rébellion

Après l’obtention de son diplôme de licence en France, Z’ahidi a travaillé comme fonctionnaire de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) entre 1978 et 1998.

Il a notamment assumé les fonctions de Responsable de programme mondial de l’UNESCO, concernant la paix, le désarmement, la recherche et l’éducation en droit international public.

Après avoir combattu Mobutu, Z’ahidi Ngoma va aussi combattre le régime de Laurent-Désiré Kabila, ancien président de la RDC (1997-2001).

Il sera arrêté et gardé à la prison de Makala de Kinshasa, puis transféré au Katanga à Likasi, à la prison de haute sécurité de Buluwo.

Sa peine de condamnation à mort sera réduite à une condamnation avec sursis, grâce à l’intervention du Parlement européen et de personnalités européennes. Son emprisonnement avait entraîné la rupture de la coopération entre l’UNESCO et la République démocratique du Congo en 1998.

Dans la poursuite de son combat contre le nouveau régime instauré par l'AFDL, il va s’engager dans la rébellion initiée par le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD). Quatre mois après, il s'en est séparé.

Artisan du dialogue entre congolais

Après avoir quitté le RCD, il va créer en janvier 1999 à Bruxelles l’Union des Congolais pour la Paix (UCP). Cette organisation avait pour objectif de faire comprendre et défendre l’impératif du dialogue entre congolais.

Il a entrepris de consulter à cet effet des forces politiques significatives du pays dont le président Kabila, auquel il a proposé la médiation de la Communauté de Sant'Egidio, en la personne du Révérend Don Mateo.

Le Dialogue entre Congolais va commencer et va aboutir à la signature des accords de Lusaka entre belligérants (1999).

Après ce Dialogue, il fut élu par sa composante opposition politique vice-président de la République aux côtés de trois autres vice-présidents issus des composantes belligérantes.

Z’ahidi Ngoma fut le président national du mouvement Politique Forces du Futur et président du regroupement politique Camp de la Patrie.

Monsieur « Mbudi »

C’est le surnom qu’on a attribué à Arthur Z’ahidi Ngoma. Mbudi est le nom d’un quartier périphérique dans l’Ouest de Kinshasa. C’est là que le gouvernement représenté par le vice-président en charge des Affaires sociales et culturelles avait signé un contrat avec les fonctionnaires de l’Etat pour améliorer leurs salaires. Ce contrat signé le 12 février 2004 a été appelé « accord de Mbudi ».

Selon l’accord de Mbudi, le gouvernement devrait payer à un huissier un salaire équivalent à 208 USD et 2080 pour un haut fonctionnaire de l’Etat.

Les enseignants les moins gradés du primaire et ceux du secondaire devraient toucher environ 200 USD. Le même salaire avait été proposé aux policiers les moins gradés.

Les militaires les moins gradés devraient toucher 300 USD, de même que les infirmiers et les médecins les moins gradés.

Le gouvernement avait proposé au médecin le plus gradé entre 2000 USD et 4 500 USD, ainsi que pour le magistrat.

Un professeur d’université devrait percevoir 5 000 USD et un assistant d’université 1 500 USD et le secrétaire Général de la Fonction Publique 2 000 USD.

Depuis 2004, l’accord de Mbudi n’a jamais été réalisé.

Avec Wikipédia.

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