Kinshasa: «La situation ressemble à celle d’une journée ville morte»

Les activités étaient paralysées ce lundi 10 avril à Kinshasa, jour où le Rassemblement de l’opposition a appelé à une marche «pacifique» pour exiger le respect de l’accord du 31 décembre et dénoncer «les massacres en cours à travers le pays». La situation a été calme durant la journée. Il n’y a pas eu de manifestations dans les rues de la ville, où policiers et militaires étaient déployés à plusieurs endroits.

Sur les artères de Kinshasa, la circulation n'était pas abondante comme d'habitude. Plusieurs transporteurs privés n’ont pas sorti leurs véhicules. Quelques bus TRANSCO ont été cependant aperçus notamment sur les boulevards Lumumba et du 30 juin, roulant presque vides.

Sur les avenues ex-Bokassa et du Commerce, autour du marché central, les magasins n'ont pas ouvert. Du centre-ville au quartier UPN en passant par Kintanbo-Magasins, les boutiques et autres points de vente sont restés fermés pour la plupart. Pas de manifestation ni de circulation intense n’étaient observées dans la ville.

Des magasins situés à place Forescom, sur l’avenue du commerce, au marché central et à la place Victoire n’étaient pas ouverts.

Plusieurs banques commerciales étaient également restées fermées. Même constat aux points de vente des entreprises de télécommunication.

Certaines stations-services étaient ouvertes notamment au centre-ville mais les conducteurs de véhicules ne s’y bousculaient pas.

Du côté de la commune de Ngaba, quelques piétons ont été aperçus le long de l’avenue Université; les uns pour observer ce qui se passe, les autres pour espérer attraper un taxi ou un taxi-bus. La même ambiance s’est observé à Lemba Terminus.

La place Victoire (Kalamu), de coutume grouillante de monde, était peu fréquentée. Les rues du quartier Yolo, réputé être l’un des points chauds de la ville, sont desertes. Même les quelques voitures taxis qui ont circulé très tôt matin ont disparu au cours de la journée.

A Limite 7ème Rue, des habitants ont signalés des troubles perpétrés par des bandits, appelés «Kulunas». «Toutes les boutiques sont fermées. Les Kulunas sont entrés dans des maisons privées autour de la Mosquée et ont pillé des biens de valeur. Ils ont aussi extorqué des biens de certains passants, avant de se retirer vers le quartier Mumbele», ont témoigné les mêmes sources.     

«La situation ressemble à celle d’une journée ville morte», a analysé un habitant du quartier Petro-Congo dans la commune de Masina, joint au téléphone par Radio Okapi. La police anti-émeute et les militaires multipliaient des navettes sur l’avenue Mobutu entre l’entrée Abattoir et le terminus de Petro-Congo, a-t-il poursuivi.

Les véhicules de la MONUSCO ont effectué des patrouilles sur des rues de Kinshasa. Les éléments de la Police nationale congolaise (PNC) étaient regroupés dans des points névralgiques.

La veille, le porte-parole de la PNC, colonel Pierrot Mwanamputu, avait prévenu que la police empêcherait «l’exercice de toute manifestation publique à caractère politique, non autorisée à travers toute l’étendue du territoire national».

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