Kinshasa : le colonel Elvis Palanga assume l’intérim du général Kanyama à la tête de la police

Le Colonel Elvis Palanga Nawej, commissaire provincial adjoint de la police en charge de l’administration, a été officiellement désigné, pour assumer l’intérim du Général Célestin Kanyama à la tête de la police de la ville de Kinshasa. Ce dernier est visé par des sanctions financières européennes et américaines.

« Le colonel Elvis (Palanga Nawej) a été désigné commissaire provincial ad intérim de la police nationale congolaise (pour la) ville-province de Kinshasa », a précisé lundi 17 avril, à l'AFP le colonel Pierre-Rombaut Mwanamputu, porte-parole de la police congolaise.

« Il n'y a pas d'autres communications à faire à ce sujet », a ajouté l'officier, sans préciser les raisons de la disgrâce du général Kanyama, ni si celui-ci avait été relevé définitivement de son poste ou simplement suspendu.

La confirmation de la mesure visant le général Kanyama n'a pu être obtenue de source gouvernementale alors qu'une telle décision relève normalement du pouvoir exécutif.

Le commissaire supérieur principal Palanga Nawej passe pour être plutôt apprécié de la population de Kinshasa, mégapole pauvre de 10 millions d'habitants. Il a une image d'homme de terrain, proche de ses hommes, à l'instar du général Kanyama, habitué à monter en première ligne.

Le général Kanyama a été frappé en décembre par un gel de ses éventuels avoirs en Europe et une interdiction de voyager dans l'Union européenne décidée par les ministres des Affaires étrangères des pays de l'UE, qui l'ont accusé d'être responsable de la « répression violente », en septembre 2016, de manifestations hostiles au président congolais Joseph Kabila.

Le pouvoir avait alors qualifié les manifestants d'insurgés. Selon l'ONU, une cinquantaine de personnes avaient été tuées dans ces violences les 19 et 20 septembre.

En juin 2016, le général Kanyama avait été frappé par des sanctions équivalentes aux États-Unis. Washington lui avait reproché d'être « responsable ou complice d'actes de violences et d'enlèvements (...) ciblant des civils », hommes, femmes et enfants lors de la répression d’émeutes hostiles au pouvoir de M. Kabila en janvier 2015 (plusieurs dizaines de morts au total), et lors d'une opération contre le banditisme armé, au cours de laquelle, selon l'ONU, au moins 41 personnes avaient disparu ou trouvé la mort du fait de bavures policières entre fin 2013 et début 2014.

Avec l’AFP.

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