Mamadou Diallo: «On ne peut pas envisager les élections sans les électeurs des Kasaï»

L’ONU a alloué près de 10 millions de dollars américains pour répondre à la crise humanitaire qui secoue les provinces des Kasaï, suite aux affrontements entre les forces de l’ordre et les présumés Kamuina Nsapu. Le représentant spécial-adjoint de la MONUSCO et coordonnateur humanitaire, Mamadou Diallo l’a affirmé dans un entretien accordé, lundi 5 juin à Kananga, à Radio Okapi. Il a également assuré que la MONUSCO va tout faire pour l’organisation de l’enrôlement dans le Kasaï-Central et Kasaï.

Radio Okapi : Bonjour Mamadou Diallo, quel est le nombre de déplacés internes et réfugiés depuis le début de l’insurrection Kamuina Nsapu dans l’espace Kasaï ?

Mamadou Diallo : Selon le dernier rapport de situation que OCHA a publié, nous sommes à près d’un million trois cent mille déplacés internes dans les provinces issues du démembrement du Kasaï-Occidental et du Kasaï-Oriental dont la majorité viennent du Kasaï-central et du Kasaï. Nous avons également enregistré, en concertation avec les autorités angolaises, près de 20 000 Congolais qui ont traversé la frontière angolaise et qui se réfugiés de l’autre côté suite aux violences.

Radio Okapi : Les agences humanitaires ont réduit leur présence dans le Grand-Kasaï. Comment pensez-vous vous y prendre s’il faudra accorder une aide humanitaire à ces sinistrés ?

Mamadou Diallo : Les agences humanitaires sont présentes et ont comme tous ceux qui cherchent à opérer au Kasaï et Kasaï-Central un problème d’accès à cause de la perturbation et l’insécurité. Que les autorités provinciales, à travers les forces armées et de sécurité, créent les conditions d’accès humanitaires et ouvrent les corridors humanitaires pour que la famille humanitaire puisse se déplacer et apporter l’appui aux populations qui en ont besoin. Pour le moment, nous n’avons pas toutes les ressources nécessaires pour pouvoir répondre aux besoins aux Kasaï qui sont énormes mais nous avons quand même les ressources et parmi ces ressources, nous avons une enveloppe de près de 10 millions de dollars qui a été allouée par les fonds centraux de la réponse humanitaire et par moi-même en ma qualité de coordonnateur humanitaire.  Ces fonds sont disponibles et nous ne demandons que la possibilité de pouvoir déployer ces ressources. Parmi les demandes que nous avons formulées à l’attention du gouvernement provincial, c’est la création de meilleures conditions d’accès aux transports. Le vice-gouverneur (Kasaï-Central) nous a indiqué qu’avant la fin de cette semaine il y aura une circulation ferroviaire normale. Avec cette simple information, on va quintupler nos capacités de transports et on va répondre à plus de besoins.

Radio Okapi : Qu’est-ce que la MONUSCO propose pour encourager l’enrôlement dans le Kasaï et Kasaï-central ?

Mamadou Diallo : La MONUSCO est l’un des plus grands soutiens de la CENI dans le cadre de cet exercice. Beaucoup de personnes ne pariaient pas qu’en ce moment on serait là où on est. On a déjà enrôlé près de 25 millions d’électeurs sur 40 à 41 millions attendus donc on est à près 63% d’enrôlés. En ce qui concerne l’enrôlement, il a déjà commencé dans les aires opérationnelles 3 et 4 dans lesquelles sont inclues les cinq provinces issues du démembrement du Grand-Kasaï. Trois des cinq provinces sont déjà en train d’enrôler, il n’y a que le Kasaï-central et le Kasaï, où les opérations n’ont pas encore démarré. Et ces trois provinces ont déjà plus de 30% d’enrôlés. Il faut poursuivre cet effort. Il ne faut pas donner aux populations du Kasaï et Kasaï-Central l’impression que cet enrôlement se fera sans elles. Et la meilleure façon d’envoyer ce message est de commencer ici à Kananga, ensuite à Tshikapa et dans les territoires et groupements où il y a de la sécurité. On ne peut pas envisager les élections au Congo sans les électeurs du Kasaï-Central et du Kasaï. Il n’y a pas de plan B, il n’y a qu’un plan, c’est le plan A. Tous les Congolais et toutes les Congolaises qui vivent dans les Kasaï vont s’enrôler.

Radio Okapi : la MONUSCO garantit un certain financement aux opérations de la CENI ?

Mamadou Diallo : Garantir, c’est peut-être un mot trop long. Ce que la MONUSCO se propose de faire, c’est de poursuivre d’approfondir son accompagnement qui se veut technique et logistique tel que mandaté par la Résolution 2348 du Conseil de sécurité. Jusqu’à présent, je crois savoir que nous avons respecté la part de ce contrat. Nous poursuivons ce travail et nous avons reçu un mandat dans le cadre de cette résolution de poursuivre ce soutien et nous allons le faire. Et le Conseil de sécurité nous donnera les ressources nécessaires pour pouvoir faire ce travail parce que je ne peux pas m’arrêter devant vous en disant que ce soutien ne nous coûte rien. Pour le moment, notre soutien ne s’est pas arrêté et on continue.

Propos recueillis par André Kambala.

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