Le Phare : « Fichier électoral : combien de millions de faussaires? »

« Revue de presse du lundi 28 mai 2018.
 
Les experts de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) ont publié, vendredi 25 mai dernier, les conclusions tirées de l’audit du fichier électoral congolais. Le Phare résume ce travail en indiquant qu’il persiste encore des doublons, dans l’ordre de 0,34 %, même si aucun élément chiffré n’est donné pour les mineurs. Des chiffres qui poussent le quotidien à émettre des doutes sur la fiabilité du fichier électoral de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), surtout avec les 16,6 % d’électeurs enrôlés sans empreintes digitales.
 
Dans son analyse, le journal fait remarquer que concrètement, la CENI a laissé passer, pour des raisons obscures, environ 1/5 du corps électoral, ce qui représente 7 à 8 millions d’électeurs douteux. En plus, il y a plus de 2 millions de cartes d’électeurs qui flottent dans la nature, pour n’avoir pas été récupérées par les agents de la CENI. Et Le Phare se demander pourquoi la Commission électorale n’avait pas signalé, dans son rapport d’audit interne, la disparition de ces deux millions de cartes d’électeurs.
 
Le tabloïd se lance dans un jeu des chiffres, sur base des conclusions de l’OIF. Il révèle que le fichier électoral comprend un nombre d’électeurs douteux supérieur à dix millions. Le compte : lorsqu’on prend plus de six millions de doublons et mineurs présumés élagués des listes de la CENI, et qu’on ajoute 7 à 8 millions de détenteurs de cartes d’électeurs sans empreintes ainsi que 0,34 % de doublons non radiés et 2 millions de cartes d’électeurs ayant pris une destination inconnue, on est au-delà de 15 millions d’électeurs dont la présence, dans le fichier électoral, pose problème, soit presque le tiers de l’électorat. A qui devraient profiter les millions d’électeurs incontrôlables et incontrôlés qu’héberge le fichier électoral, s’interroge Le Phare.
 
«L’absence d’empreintes digitales ne devrait pas faire débat », soutiennent pour leur part les experts de la Majorité présidentielle et alliés. Pour Gilbert Muhika, cité par Forum des As, « cette question n’a pas lieu d’être mystifiée au point d’en faire un grand débat».
 
« Nous, experts de la MP et alliés, dans le cadre de ces travaux, saluons le rapport d’audit du fichier électoral de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) comme une contribution appréciable et positive à l’amélioration du climat politique et à l’apaisement des esprits avant les élections de décembre 2018 », a ajouté Gilbert Muhika, premier coordonnateur adjoint du Centre de coordination des élections (CCE) de la MP.
 
Mais pour le député national Sam Bokolombe qui intervenait à Actualité.cd, la CENI devrait tout simplement radier du fichier électoral, audité par l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), 16,6% d’électeurs sans empreintes.
 
« Pourquoi ces électeurs manquent-ils d’empreintes, et lorsqu’on doit ajouter les 2,3% des cartes qui ne sont pas retournées à la CENI, il y a de quoi s’inquiéter. Lorsque vous prenez toutes ces situations suspectes, ça fait 25%, ça fait 10 250 000 électeurs », dit-il.
 
Au regard de ces réalités, l’opposant Martin Fayulu juge la conclusion de l’OIF d’« irresponsable et légère ». D’après 7sur7.cd, le president du parti politique Ecidé se demande comment les experts de cette organisation peuvent se frotter les mains avec 16,6 % de personnes sans identités soit 6 millions 700 mille électeurs sans empreintes digitales. A ce nombre, il faut ajouter des enrôlés avec moins de dix empreintes. Donc, ils ont la possibilité de voter une ou plusieurs fois. Pour lui, les rumeurs qui avaient couru dans la ville qu’il y aurait des privés avec résultats d’enrôlement, commencent à se confirmer.
 
Le Potentiel reste aussi dans les questions politiques et s’intéresse à l’avenir proche de la RDC. Le média titre à la une : « Macron, Kagame, Lourenço : rien à cacher». Le quotidien estime que « Kinshasa tend vers l’isolement ». Au-delà de la communauté internationale, les pays de la sous-région attendent de Kinshasa qu’il se soumette à cette obligation d’organiser les élections dans le délai fixé. Les neuf voisins de la RDC sont les plus explosés en cas d’implosion de la crise chez leur voisin commun. Les organisations sous régionales ont à leur tour entamé des consultations avec les grandes puissances afin d’éviter une catastrophe en RDC.
 
Commentant la visite annoncée du président angolais Joao Lourenço en France, le tabloïd y voit clairement que Kigali et Luanda sont donc sur la position de l’ensemble de la communauté internationale qui attend les élections cette année. Kinshasa ne peut se dérober ni par le financement, ayant annoncé, urbi et orbi, son intention de financer seul ces élections, encore moins par tout autre prétexte, conclut le journal.

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