Nord-Kivu : plaidoyer pour la libération des notables de Masereka, Kipese et Luutu

Le député national élu de Lubero, Jean Chrysostome Vahamwiti plaide pour la libération des notables de Lubero, arrêtés depuis plus de 3 mois par l’auditorat militaire garnison de Beni. Ils sont accusés de collaborer avec les groupes armés.

Parmi eux on retrouve des chefs des villages, les présidents des corporations de la FEC et même des religieux.

Pour Jean Chrysostome Vahamwiti, le maintien de ces notables en prison, sans aucun procès, ne va pas faciliter un bon déroulement du processus électoral dans cette contrée.

« Nous allons aux élections. Nous, les élus de cette province, nous savons ce que représentent les notables. Ce sont ceux qu’on appelle à Kinshasa des personnalités emblématiques. Donc quand vous arrêtez un notable dans ma localité de Beni, Lubero, Masisi, Rutshuru ou Walikale, ça crée la psychose. S’il y a de bonnes raisons, vous savez la politique du Président de la République en matière des groupes armés c’est la tolérance zéro ; et donc si ce n’est pas prouvé, je crois qu’il est bon que la justice fasse son travail pour que ces notables qui ont été arrêtés pour de raisons d’enquête soeint libérés », recommande Jean Chrysostome Vahamwiti.

S’il est prouvé qu’ils sont coupables, poursuit-il, qu’ils soient condamnés.

Soutien de la société civile

Cette démarche est appuyée par la société civile de Lubero qui demande une libération sans condition de ces notables, arrêtés arbitrairement, selon ses animateurs.

Les populations assiégées par les groupes armés pendant près d’une année et demie sans aucune présence militaire n’avaient pas d’autre choix que de se soumettre aux groupes armés pour leur survie, explique Georges Katsongo, président de la société civile de Lubero.

« Ces notables arrêtés sont tout simplement des victimes innocentes étant donné que la contrée a été occupée par les éléments des groupes armés pendant plus de 16 mois. La population dans ces différentes contrées était soumise à des obligations vis-à-vis des éléments des groupes armés qui avaient la force parce que munis d’armes et personne ne pouvait s’opposer à leurs desiderata’, explique Georges Katsongo.

Il ajoute que les populations de certaines localités de l’Ouest du territoire de Lubero sur l’axe Kasugho-Kagheri continuent à vivre sous la domination des groupes armés. Ici aussi, la population collecte des vivres et paient des taxes illégales à ces inciviques.