RDC : l’ONU exige une enquête sur les violences perpétrées lors de la campagne électorale

La Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Mme Bachelet, a exprimé vendredi 14 décembre sa grande inquiétude face aux violences perpétrées cette semaine lors des meetings de campagne électorale en RDC. Elle a appelé les autorités congolaises à diligenter une enquête sur ces incidents.

« A seulement quelques jours des élections cruciales qui se tiendront en République démocratique du Congo, il est primordial que les autorités veillent à ce que les droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique soient pleinement protégés et qu’elles prennent toutes les mesures possibles pour prévenir les actes de violence. Il s’agit notamment de veiller à ce que tous les candidats soient en mesure de tenir des réunions et des rassemblements pour faire campagne en faveur de leur élection », a déclaré Mme Bachelet.

Selon le communiqué de la Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, « le 11 décembre, au moins trois hommes ont été tués et plusieurs autres blessés après que la police aurait tiré à balles réelles et utilisé des gaz lacrymogènes et des canons à eau contre un rassemblement de l’opposition à Lubumbashi, dans la province du Haut-Katanga. Le convoi du candidat à la présidence Martin Fayulu aurait également été attaqué par la police ».

Sept véhicules, dont un appartenant à la Police nationale congolaise, ont été détruits et le bureau du procureur a été incendié, lors des affrontements qui ont suivi entre partisans de différents partis.

Le document revient également sur la journée du 12 décembre. « Une jeune femme a été tuée et au moins neuf autres personnes ont été blessées, dont deux par balles » à Kalemie (Tanganyika) et le meeting de Martin Fayulu interrompu.

Jeudi à Mbuji Mayi, dans la province du Kasaï-Oriental, « le gouverneur de la province a déployé des soldats et des policiers sur plusieurs routes pour empêcher la population de saluer un autre candidat à la présidence, Felix Tshisekedi. Un garçon de 16 ans aurait été tué par un soldat des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ».

Mme Bachelet se dit « profondément préoccupée par les informations faisant état d’un usage excessif de la force, y compris des balles réelles, par les forces de sécurité contre les rassemblements de l’opposition. » Elle déplore également les discours incendiaires tenus par les dirigeants politiques.

Par ailleurs, selon la même source, des menaces ont été proférées contre des partisans de plusieurs partis politiques, notamment ceux appartenant à la majorité présidentielle, en particulier au Nord-Kivu et au Sud-Kivu. Des partisans de l’opposition auraient également perturbé les réunions de campagne organisées par les candidats de la majorité présidentielle dans les provinces du Kwilu et du Kasaï. Un certain nombre d’incidents visant des partisans de l’opposition ont aussi été enregistrés dans la province de Maniema.

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