Lomami : la société civile dénonce des tracasseries à Lubao

La société civile de Lubao dans la province de Lomami dénonce les tracasseries multiples de la population par les militaires des FARDC. Ces derniers, déployés dans ce territoire la veille de la publication des résultats des derniers scrutins, érigent des barrières sur différents axes, et exigent de l’argent à chaque passant. Quiconque ne s’exécute est soumis à la torture et au traitement humiliant, renseigne la même source, faisant mention de tension entre ces militaires et la police locale.

Lundi dernier, un agent de police, surnommé « Lundi », a été enlevé par ces mêmes militaires. Le président de la société civile de Lubao, Crispin Lumami, précise que ce kidnapping est à la base d’un climat de tension entre les militaires et la police locale :

« Avant hier, il y a eu, un commandant, communément appelé Lundi, qui partait à Mutombo, où il y a un sous commissariat de la police. Il a trouvé des militaires devant une barrière à Malungu, à 15 kilomètres de Lubao. Ils ont pris le commandant, l’ont tabassé et l’ont amené vers Mukenge ».

Par la suite, le capitaine de la police Kasongo a pris quelques policiers avec des motos pour poursuivre ces militaires. Ils les ont finalement retrouvés.

« Un policier et d’autres personnes ont été blessés. Nous nous demandons pourquoi à Lubao des militaires armés jusqu’aux dents, tant qu’il n’y a pas la guerre ici ? », s’est interrogé Crispin Lumami.

L’année passée, a-t-il rappelé, « les mêmes militaires sont arrivés ici au motif qu’il y aurait des Maï-Maï en passe d’attaquer Lubao. Ils n’ont jamais arrêté ne serait-ce qu’un Maï-Maï ou un échantillon. Jusqu’aujourd’hui, il y a l’insécurité totale à Lubao. Nous demandons le départ de ces militaires, d’ici. »

L’administrateur du territoire de Lubao, Kasongo Dikembe, soutient que la situation est relativement calme sur l’étendue de son entité et qu'il n’était pas informé des bavures attribuables aux militaires.

Les responsables militaires dans la région n’ont pas été joignables. Le commandant du commissariat de la police de Lubao, pour sa part, s’abstient de commenter la situation sécuritaire, sans autorisation de sa hiérarchie.

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