Goma: la population se plaint du "coût élevé"des services dans les six morgues de la ville

 Seuls six hôpitaux sont dotés du service de la morgue, avec une moyenne de six chambres par morgue dans la ville de Goma, dont la population est estimée à 1,2 million habitants. Les conditions d’hygiène sont acceptables mais la population locale se plaint du « coût élevé » du service, ont constaté des reporters de Radio Okapi mardi 7 septembre.  

 L’hôpital provincial, l’hôpital militaire, Keshero, Betesda, Virunga et Charité maternelle sont les six hôpitaux de la ville qui disposent chacun d’une morgue. 

Ce service est opérationnel, dans la majorité de ces hôpitaux, 24h sur 24h, selon les témoignages recueillis. Les conditions hygiéniques sont acceptables, a constaté Radio Okapi. Le problème majeur, c’est le coût du service : 20 dollars US le jour (40.000 francs congolais), sans compter les frais de traitement du corps le jour de son retrait.  

Ces charges pèsent beaucoup sur la population aux maigres ressources, comme explique, Jean Bedel Kitambala, le directeur de nursing de l’hôpital Kyeshero, dont la morgue dispose de six tiroirs mortuaires : 

« Il y a des corps qu’on vient déposer à la morgue et la famille disparait dans la nature. Personne ne viendra récupérer le corps. Ça devient un fardeau pour la famille. Il y a un autre problème, c’est le manque d’intrants pour soigner les corps. Les intrants, nous les recevons de nos partenaires. Pour le moment, nous ne recevons plus rien ni de la protection civile ni de l’OMS. Donc, ça nous pose un sérieux problème ». 

Un autre problème rencontré à l’hôpital Keshero, c’est celui de la protection du personnel affecté à la morgue, a indiqué Jean Bedel Kitambala. 

Quant à la morgue de l’hôpital Bethesda de Ndosho, que Radio Okapi a visitée, est opérationnelle depuis une année. Elle comprend six chambres ou tiroirs, des brancards ainsi qu’une paillasse sur laquelle sont traités les corps. 

Le docteur François Harakandi, médecin directeur de l’hôpital Charité maternelle, dont la morgue compte quatre chambres, explique que tous les corps extérieurs reçus à la morgue sont d’abord testés à la COVID-19, afin de préserver le personnel de ce service. 

Toutefois, à part le problème de capacité, dans toutes les morgues visitées, le problème d’électricité ne se pose pas. A l’hôpital Betesda de Ndosho, par exemple, ils ont l’énergie électrique de la société Virunga et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) renforce cet hôpital avec du carburant en cas de coupure d’électricité, a témoigné Walokomundu Mbuluku, qui supervise le service de la morgue de cet l’hôpital. 

 Si les problèmes d’énergie ne se posent pas beaucoup, différents responsables rencontrés souhaitent un renforcement du nombre des morgues dans la ville, pour leur éviter de placer deux corps par chambre, en cas de saturation. 

  Pendant plusieurs années, certaines villes de la RDC ont gardé une seule morgue. A la suite de la démographie galopante, les autorités tentent de créer de nouvelles infrastructures. Mais elles se buttent au manque d’électricité pour les frigos mortuaires ou à la faible capacité des frigos devant une demande croissante comme cela été le cas récemment avec le nombre des décès dus au Coronavirus dans certaines villes. 

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