Licenciement du journaliste Jacques Matand : la justice sénégalaise condamne la BBC

La justice du Sénégal a condamné la BBC dans le procès qui l’oppose au journaliste congolais Jacques Matand, employé par la chaîne et limogé en février 2020 pour l’interview qu’il avait accordé en novembre 2019 au politologue Charles Onana au sujet de son livre : « Rwanda : la vérité sur l’opération Turquoise ». La décision rendue par le juge sénégalais du tribunal du travail de Dakar condamne la chaîne à payer 10 millions de francs CFA (environ 15 000 euros) au journaliste congolais pour « licenciement abusif », s’indiqué samedi 12 mars l’avocat de ce dernier.

« Symboliquement, c’était suffisant ! Il fallait que le monde entier sache que les valeurs démocratiques qu’on clame, on devrait pouvoir aussi dans la pratique les exprimer et aussi les pratiquer », réagi Ciré Clédor Ly, avocat au Barreau de Dakar et avocat de Jacques Matand.

Il explique que le procès a duré, parce que la BBC avait sorti tous les moyens « inimaginables » dans le souci de surprendre le juge et sa décision :

« Et pour nous, ce n’était pas en fait très difficile. Pourquoi ? Parce que lorsqu’ils parlent du non-respect de la ligne éditoriale, il était clair que c’était un mensonge. Parce que la BBC ne pouvait pas faire passer en boucle et pendant trois jours une interview et ensuite laisser cette interview dans son site pendant deux mois, et puis dire qu’il ignorait cette interview ».

Un autre aspect, selon l’avocat, peut-être que la chaine de radio « comptait sur la terreur des employés. Parce que, pour qu’un employé accepte de témoigner contre son employeur qui était en erreur, il fallait vraiment être armé des très grandes valeurs. La BBC était surprise de voir que ceux qui avaient discuté de l’interview, l’avait validée, l’avait passée ont eu le courage de s’assumer ».

La BBC avait, dans sa lettre de licenciement, affirmé que la chaîne avait pris cette décision à la suite de la plainte du gouvernement de Paul Kagame. Ce dernier n’avait manifestement pas apprécié que le politologue Charles Onana fût reçu sur les antennes de la BBC pour parler de son livre et que la diffusion de l’interview n’avait pas été autorisée. Selon, l'avocat du journaliste, la BBC n'a pas été en mesure de fournir au cours du procès les preuves de son accusation.

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