Congo Nouveau : « Dialogue avec le M23, Félix Tshisekedi interdit de se rendre au Kenya » (analyse)

Revue de presse kinoise du lundi 21 novembre 2022.

La majorité des journaux parus ce lundi dans la capitale congolaise se penchent sur le troisième round des pourparlers de Nairobi qui s’ouvrent au Kenya.  Congo Nouveau, analysant les avis de l'opinion publique congolaise, ouvre le bal et titre en sa manchette : « Dialogue avec le M23, Félix Tshisekedi interdit de se rendre au Kenya ». Dans ses colonnes, cet hebdomadaire fait savoir que le dialogue inter congolais convoqué par Evariste Ndayishimiye, président burundais et président en exercice de la Communauté des Etats de l'Afrique de l'Est (EAC) n'aura plus lieu ce lundi à Nairobi, capitale du Kenya. Sur place en République Démocratique du Congo, signale cet hebdomadaire, personne ne veut entendre parler de ce fameux dialogue intercongolais qui mettrait le gouvernement congolais en face des rebelles du M23. Mais, presque toute la communauté internationale, s’étonne ce journal, à commencer par le Secrétaire général de l’ONU, pousse le régime de Kinshasa à accepter de prendre part à ces négociations afin d'arrêter des stratégies qui devraient aboutir à l'application des accords de Nairobi et de Luanda. Lesquels appellent le gouvernement de dialoguer avec les différents groupes armés qui écument la partie orientale de la RDC. Congo Nouveau se demande si Félix Tshisekedi va obéir à la volonté de son peuple ou à celle de la communauté internationale. 

Pour mettre fin à la guerre qui oppose les FARDC aux rebelles du M23, rappelle ce tabloïd, l’EAC a convoqué des pourparlers entre le gouvernement de Kinshasa et les groupes armés. La tenue de ces pourparlers avait été annoncée après la rencontre entre Evariste Ndayishimiye et Uhuru Kenyatta, respectivement président en exercice de l'EAC et médiateur désigné par l’EAC, precise ce portail.

C’est pour cette raison, explique ECONEWS, que le président kenyan, William Ruto est dépêché à Kinshasa pour tenter de persuader Felix Tshisekedi à prendre part à ces pourparlers. Cet hebdomadaire cite un communiqué de la présidence kenyane qui indique que le Président Ruto effectue une visite de 24 heures à Kinshasa où il est prévu de s’entretenir ce lundi avec le président de la RDC avant d’entamer une tournée de trois jours en Corée du Sud. Si la présidence kenyane place cette visite-éclair sous les signes de réchauffement des relations d’affaires entre la RDC et le Kenya, ce tabloïd dit savoir néanmoins que la question sécuritaire sera au cœur de ces échanges, alors que des troupes kenyanes se trouvent, depuis quelques jours, sur le sol congolais, dans le cadre du déploiement de la force régionale de l’EAC. Bien plus, écrit ce portail, le déplacement du président kenyan s’explique aussi par les réticences de Kinshasa à adhérer au processus de paix de Nairobi où l’EAC pense inviter la RDC à s'asseoir sur la même table des négociations avec les terroristes de M23. Vu de Kinshasa, la pillule est amère. Selon ECONEWS, ce lundi, William Ruto tentera de convaincre le président Tshisekedi à mettre un peu d’eau dans son vin, en acceptant de partager la même table avec le M23. William Ruto y parviendra-t-il ? s’interroge ce journal.

La Prospérité indique que Kinshasa a déjà lancé des signaux négatifs par rapport à la rencontre de Nairobi depuis le sommet de la Francophonie à Djerba en Tunisie. Le Premier ministre Sama Lukonde qui conduit la délégation congolaise à ces assises, note ce quotidien, a commencé par boycotter la photo officielle des chefs d’Etats et de gouvernement à l’ouverture samedi dernier. Du côté de la délégation congolaise, on explique que « c’est un signe voulu de désapprobation ». « On ne peut pas nous afficher sur une photo avec le président Paul Kagame », signale une source relayée par plusieurs médias. En outre, souligne ce journal, la RDC s’oppose à que la Rwandaise Louise Mushikiwabo soit reconduite au poste de secrétaire générale à la Francophonie pour exprimer son indignation face au gouvernement rwandais, accusé d’agresser la RDC via les rebelles du M23.

La Tempête des tropiques titre en sa Une : « Non aux négociations improductives, oui au retour de la paix sans condition ». Ce quotidien pense que face à l’ambigüité et à l’hypocrisie de la communauté internationale, Kinshasa ne devait pas prendre part aux assises de Nairobi. Ce tabloïd s’étonne de la position de la communauté internationale qui multiplie des appels pour le retrait du M23 des territoires qu’il occupe. Passées au peigne fin, s’indigne ce quotidien, cette communauté internationale hésite de citer nommément le principal instigateur de cette pourriture, en inventant d’autres concepts, à l’image de groupes non étatiques congolais ou groupe armé illégal, pour semer davantage la confusion. Pour eux, c’est la solution politique aux contours flous. Selon ce portail, de nombreux Congolais n’accordent aucun crédit aux négociations de Nairobi, sans le retour des terroristes d’où ils sont venus.

Africa News rapporte qu’l y a un nouveau coup d’arrêt au processus de Nairobi. Les négociations entre le gouvernement RD-congolais et les groupes armés, initiées par le Président de la Communauté des États de l’Afrique de l’Est, le Burundais Evariste Ndayishimiye, ont été reportées sine die alors qu’elles devraient commencer ce lundi 21 novembre 2022 à Nairobi, précise cet hebdomadaire. Officiellement, note ce tabloïd, les motifs à la base de ce report n’ont pas été dévoilés.

De son côté, Le Potentiel voit venir "la fin de la folie de grandeur et de l’entreprise criminelle" de Paul Kagame dans l’Est de la RDC. Car, indique ce quotidien, le président rwandais a enfin accepté de faire des concessions, en acceptant d’exhorter le M23 au cessez-le-feu et au retrait de ses troupes dans des positions qu’elles occupent dans plusieurs cités au Nord-Kivu, en RDC. Exigence de Kinshasa et qui a même été coulé en résolution au cours des pourparlers de Luanda. Dans un communiqué rendu public, vendredi 18 novembre, souligne ce tabloïd, l’ancien président kenyan et facilitateur, Uhuru Kenyatta, a déclaré avoir convenu avec le président rwandais, Paul Kagame, de la nécessité d’un cessez-le-feu et qu’il a accepté d’assister l’EAC à exhorter le M23 au cessez-le-feu et au retrait de ses troupes. Le même vendredi, dans un autre communiqué conjoint, les États-Unis et les envoyés spéciaux de la Belgique, de la France et du Royaume-Uni pour la région des Grands Lacs appellent le M23 à se retirer immédiatement, à mettre fin à tout activité violant le droit international et à cesser les hostilités, renchérit ce quotidien. Pour des observateurs avertis, poursuit Le Potentiel, ce revirement spectaculaire de « l’homme fort de Kigali », lui qui a toujours nié son appui au groupe terroriste du M23, est sans doute un aveu d’impuissance face à la puissance de feu des FARDC au front.

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