
De nombreux agriculteurs de Kiwanja, en territoire de Rutshuru (Nord-Kivu) abandonnent la culture du soja au profit de haricot, jugé plus rentable et plus rapide à produire.
Ce désintéressement inquiète les experts en nutrition, qui considèrent le soja comme un aliment stratégique pour prévenir la malnutrition dans cette zone touchée par la crise.
Les cultivateurs de Kiwanja et de ses environs justifient ce choix par deux facteurs majeurs : le cycle de production et la valeur marchande.
Contrairement au haricot qui se récolte en deux mois, le soja nécessite un mois supplémentaire de croissance. De plus, les prix sur le marché local ne récompensent plus l'effort fourni.
Un manque à gagner pour les producteurs
Pour Roger Kavalami, agriculteur à Kiwanja, la rentabilité du soja s'est effondrée ces dernières saisons.
« Avant, nous pouvions vendre un sac de soja à 100 dollars ou plus. Aujourd’hui, les prix ont vraiment baissé », déplore-t-il.
A l'inverse, le marché du haricot se montre plus attractif. Selon les producteurs locaux, certaines variétés de haricots se négocient entre 70 et 120 dollars le sac, dépassant systématiquement le prix actuel du soja. Face à l'urgence des besoins familiaux, les agriculteurs privilégient désormais la culture la plus rapide et la plus rémunératrice.
Un enjeu de santé publique
Ce délaissement de la filière soja intervient dans un contexte où les ménages déplacés et les familles locales dépendent de cette légumineuse pour équilibrer leur alimentation.
Riche en protéines, le soja est essentiel pour prévenir la malnutrition, particulièrement chez les jeunes enfants.
Face à cette menace sanitaire, Damien Sibomana, enseignant en nutrition à Kiwanja, appelle à une prise de conscience collective. Il invite les agriculteurs à maintenir cette culture pour l’intérêt supérieur de la communauté, tout en suggérant indirectement la nécessité d'un soutien à la filière pour stabiliser les prix et encourager les producteurs.







