Plus de 100 000 enfants attendent encore leur enregistrement à l’état civil au Nord-Kivu

Radio Okapi.Ph/ Bernardin Nyangi">

Plus de 100 000 enfants attendent toujours leur enregistrement à l’état civil, faute de registres de naissance disponibles dans les zones de Beni-Butembo et Lubero, au Nord-Kivu.

La situation de ces enfants a été abordée lors d’un atelier de plaidoyer organisé jeudi 5 février à Beni, réunissant des préposés de l’état civil.

Ces derniers appellent l’État à prendre des mesures urgentes pour garantir l’enregistrement des nouvelles naissances et protéger les droits de l’enfant.

Dans la chefferie des Bashu, par exemple, plus de 25 000 enfants ne disposent pas d’actes de naissance.

La situation est similaire dans le secteur des Ruwenzori, où l’on dénombre plus de 35 000 enfants dépourvus de leurs actes de naissance.

Kavira Kanzira Darlene interpelle à son tour l’État congolais :

« A l’heure où je vous parle, nous avons un problème de coupure de registres depuis trois ans, et les mamans ne cessent de mettre au monde. Les enfants sont là, ils naissent jour après jour, et maintenant, que faire ? Et comme les parents connaissent désormais l’importance de la déclaration de naissance, ils ne cessent de passer de temps à autre dans nos bureaux pour enregistrer leurs enfants. Et nous, comme nous n’avons pas de registres, nous procédons à l’enregistrement dans des registres bleus, sans déclaration officielle ».

Malgré cette carence, les autorités locales appellent les parents à ne pas se décourager.

Jean-Paul Kahindo, bourgmestre de la commune de Bulongo et participant à cet atelier, rappelle la responsabilité de l’État.

« C’est la charge exclusive de l’État de garantir la disponibilité de ces registres. Les parents ne doivent pas se désintéresser du fait d’amener les enfants devant le bureau de l’état civil. Nous avons également recommandé, en tant qu’autorité de base, que le registre soit permanent, parce que nous n’avons pas un autre langage à exprimer devant un parent qui vient avec son enfant. Nous n’avons qu’à l’accueillir et l’enregistrer. Donc, l’obligation revient à l’État de rendre disponibles les registres d’actes de naissance aux parents », a-t-il souligné.

Organisée par le Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC), cette activité de plaidoyer s’inscrit dans un projet de réponse multisectorielle en faveur des populations affectées par les conflits en Ituri et au Nord-Kivu. Elle vise notamment à faciliter l’accès à la documentation civile légale et à prévenir les risques d’apatridie.

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