
Le coût de la vie devient de plus en plus insoutenable à Shabunda, particulièrement dans la chefferie de Baliga, au Sud-Kivu. La société civile locale rapporte que depuis plusieurs semaines, les prix des produits de première nécessité connaissent une hausse vertigineuse, conséquence directe de la rareté des marchandises sur le marché local.
Selon des acteurs de la société civile, les approvisionnements en provenance de Bukavu et de Kindu n’atteignent plus le centre de Shabunda. En cause : l’insécurité persistante et la multiplication des barrières payantes sur la Route nationale numéro 2 (RN2), sur l’axe Bukavu-Shabunda, mais aussi le délabrement avancé des infrastructures routières sur le tronçon Kindu-Shabunda.
Des prix multipliés
La Synergie des mouvements citoyens, Forum des nationalistes, appelle les autorités à des solutions urgentes pour sortir la population de ce qu’elle qualifie de « marasme socio-économique ».
Son coordonnateur, Jules Magene, dresse un constat alarmant :
« Depuis janvier-février, nous avons constaté une hausse vertigineuse des produits de première nécessité. Un verre de sucre acheté 1 500 Francs congolais (FC) à Bukavu coûte 5 000 FC à Shabunda. Un poisson salé payé 20 000 FC à Bukavu revient ici à 100 000 FC. Un litre de carburant, vendu à 3 500 FC à Bukavu, coûte 36 000 FC à Shabunda. Même un verre de sel, acheté entre 400 et 500 FC à Bukavu, se vend à 10 000 FC ici. »
Routes coupées et insécurité persistante
D’après la Synergie, cette flambée des prix est liée notamment à la fermeture du tronçon routier Burhale–Shabunda. « D’un côté, ce sont les FARDC qui bloquent, et de l’autre, les FARDC et les Wazalendo. À cela s’ajoute l’impraticabilité des routes dans le territoire de Shabunda, où l’axe routier est quasiment inexistant », déplore Jules Magene.
Face à cette situation, les mouvements citoyens exhortent les autorités nationales et provinciales à rétablir la libre circulation sur les axes routiers et à réhabiliter les infrastructures afin de soulager une population déjà fragilisée par l’insécurité et l’isolement.






