
Les activités sont paralysées au sein du ressort de la cour d’appel de l’Ituri, a constaté Radio Okapi mercredi 25 février à Bunia. Depuis lundi dernier, les avocats ont décidé de suspendre leurs prestations sur toute l’étendue de la province, à la suite de l'agression d'un des leurs par un magistrat en plein exercice de ses fonctions.
Tout serait parti d’une altercation, jeudi dernier à Mambasa, entre un magistrat et un avocat. Ce dernier sollicitait une audience dans un dossier impliquant son client.
Après avoir attendu toute la journée sans être reçu, il aurait décidé de saisir le supérieur hiérarchique du magistrat. Informé, ce dernier aurait interpellé son collaborateur. Mécontent des remontrances reçues, le magistrat aurait alors agressé l’avocat, lui assénant des coups et déchirant sa toge.
Le Conseil de l’Ordre des avocats de l’Ituri dénonce un acte qui, selon lui, déshonore la profession et exige des sanctions à l’encontre de l’auteur présumé.
Maître Joseph Keta, bâtonnier de l’Ordre des avocats de l’Ituri, justifie ainsi la décision de suspendre les activités :
« Nous estimons que la dignité et l’honneur du corps doivent être préservés. Si nous avons pris cette décision, c’est pour que l’audience de flagrance puisse se tenir. Les faits, tels qu’ils se sont produits, relèvent de la flagrance. Dans ce cas, le ministère public doit saisir la juridiction compétente afin qu’une audience de flagrance soit organisée ».
Sur le terrain, les conséquences de cette grève sont déjà visibles. À Aru-Centre, par exemple, où se tiennent des audiences foraines de la cour militaire de l’Ituri avec l’appui de la MONUSCO, les avocats ont déserté les salles d’audience, laissant leurs clients entre les mains des défenseurs judiciaires.
En attendant une éventuelle réaction des autorités judiciaires, redoutent des sources judiciaires, la paralysie des activités judiciaires risque de pénaliser de nombreux justiciables à travers la province.








