Aucun procès pénal à Mambasa depuis plus de deux ans faute de magistrats

La justice est à l'arrêt dans le territoire de Mambasa, en province de l'Ituri. Depuis plus de deux ans, le Tribunal de paix (Tripaix) n'a organisé aucune audience en matière pénale, faute d'un effectif suffisant de juges. Cette situation entraîne des détentions préventives illimitées et une surpopulation critique à la prison centrale, rapporte des activistes de défense des droits humains.

Situé à 165 km au sud-ouest de Bunia, le territoire de Mambasa fait face à un défi judiciaire majeur. Actuellement, le Tribunal de paix ne fonctionne qu'avec un seul juge président, alors que la loi en exige au moins trois pour siéger en matière pénale, selon ces acteurs.

Des détenus « oubliés » et des décès en prison

Les conséquences de cette carence administrative sont dramatiques. Des centaines de prévenus croupissent dans cette maison carcérale sans savoir quand ils seront fixés sur leur sort. Selon des activistes de défense des droits humains, certains détenus meurent en cellule avant même d'avoir été présentés devant un juge, victimes des conditions de détention déplorables.

« C'est une violation grave des droits de l'homme. Toute personne a le droit d'être jugée dans un délai raisonnable, mais ici, le temps semble s'être arrêté pour les prisonniers », alerte un activiste local.

L'appel à des chambres foraines

Face à cette « paralysie judiciaire », la société civile de Mambasa multiplie les plaidoyers. Jospin Paluku, l'un des activistes de la région, interpelle directement les autorités judiciaires nationales :

Au Conseil supérieur de la magistrature : il demande l'affectation immédiate de nouveaux juges pour épauler l'unique magistrat présent.
À la MONUSCO : il sollicite un appui logistique et financier pour l'organisation urgente de chambres foraines, à l'instar de ce qui a été réalisé récemment dans le territoire d'Aru, afin de désengorger la prison.

D’après la société civile, cette absence de tribunaux fonctionnels est d'autant plus inquiétante que Mambasa est une zone confrontée à une insécurité persistante et à un banditisme urbain croissant. L'impossibilité de condamner les auteurs d'infractions alimente un sentiment d'impunité au sein de la population.

À ce jour, la présidence de la Cour d’Appel de l’Ituri n’a pas encore réagi officiellement à cette situation, laissant les justiciables de Mambasa dans une incertitude totale.

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