
Les conditions de voyage se sont gravement détériorées à l’aéroport de Mavivi, à Beni (Nord-Kivu), après l'incendie ayant ravagé, mercredi 11 mars, les installations administratives.
Faute de bâtiments, le contrôle des bagages et les formalités d’embarquement s'effectuent désormais sous le soleil, au grand désarroi des usagers.
Le sinistre a réduit en cendres la salle d’attente et les bureaux de la Régie des voies aériennes (RVA), ainsi que ceux d'autres services étatiques.
Ces infrastructures, construites en planches il y a plus d'une décennie, étaient déjà jugées vétustes avant la tragédie.
Un traitement « indigne » pour les passagers
Sur place, le constat est alarmant. Voyageurs et agents de l'État se côtoient sur le tarmac ou aux abords de la piste pour remplir les formalités administratives. L'absence d'installations sanitaires et de zones d'ombre rend l'attente particulièrement pénible.
« Nous sommes tous debout sous un soleil ardent. Il n’y a ni toilettes, ni aucune condition réunie, et pourtant les avions continuent d’atterrir. Faire voyager les gens dans ces conditions est indigne, on ne peut pas continuer comme ça », s'indigne un passager rencontré sur place.
Pour beaucoup, cet incendie vient mettre en lumière l'urgence de doter la ville de Beni d'une aérogare moderne, alors que les installations actuelles étaient souvent qualifiées de précaires.
Malgré ce contexte difficile, le commandant de la RVA à Beni, Mathieu Abel Sadiki, assure que le service minimum est garanti pour ne pas isoler davantage la région.
« Le service de la RVA continue normalement, malgré un traitement difficile des passagers. Tout se passe en plein air, car il n’y a plus de bâtiments. Mais l’autorité provinciale nous a promis qu’une solution sera trouvée bientôt », a-t-il déclaré à Radio Okapi.
Un aéroport stratégique mais délaissé
L'aéroport de Mavivi revêt une importance stratégique majeure. Depuis près d'un an, il constitue l'unique porte d'entrée aérienne reliant le nord de la province du Nord-Kivu au reste de la République démocratique du Congo, en raison de l'insécurité et de la situation complexe autour de Goma.







