La sécurité des aliments : entre contrôles rigoureux et précarité dans les marchés à Kinshasa

La question de la qualité des produits alimentaires reste une préoccupation majeure à Kinshasa, à l'occasion de la Journée mondiale de la sécurité des aliments célébrée chaque 7 juin. L'approche de la sécurité sanitaire varie fortement selon les lieux d'approvisionnement de la capitale. Tandis que les supermarchés appliquent des mécanismes de contrôle notamment pour retirer les produits périmés, les marchés populaires font face à des conditions d'hygiène jugées insuffisantes par les vendeurs et les consommateurs.

Dans les grands commerces, des procédures strictes sont imposées dès qu'un produit présente un risque pour la santé des clients. Un travailleur d'un supermarché de la place explique la gestion des articles non conformes :

« La première chose que nous faisons lorsque nous constatons qu'un produit est impropre à la consommation dans un rayon, c'est de le retirer immédiatement. Nous le présentons ensuite à nos responsables qui, après vérification, le valident en y apposant leur signature avant de le placer au dépôt. Cette procédure est appelée "damage" ».

Cette vigilance fait parfois défaut dans les installations moins formelles, où la précarité financière pousse certains ménages à consommer des denrées avariées. Une cliente du marché de l'UPN témoigne des conséquences d'un achat de poisson non consommable :

« Par manque de moyens, je me suis dit : "Je vais quand même le préparer, cela ne posera sûrement aucun problème." Mais après l'avoir mangé, nous avons eu des conséquences : des douleurs au ventre, de la diarrhée et des vomissements. C'était vraiment difficile ».

L'insalubrité fait fuir les acheteurs

Au-delà de la fraîcheur des produits, l'état général des lieux de vente influence le comportement des acheteurs. Au marché de Selembao, l'insalubrité récurrente pèse sur le chiffre d'affaires des commerçants, comme le souligne un vendeur local :

« Les personnes qui viennent régulièrement chez nous sont nos fidèles clients. Cependant, certaines refusent parfois d'acheter ici, au marché de Selembao, parce qu'elles disent que c'est trop sale et qu'il y a de la boue partout ».

Face aux risques d'intoxication alimentaire, les experts sanitaires rappellent que la vigilance lors de l'achat et le respect strict des règles d'hygiène demeurent les principaux moyens de prévention.

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