
À Mbuji-Mayi, les feuilles de manioc se font de plus en plus rares sur les étals des marchés. Comme souvent en période de saison sèche, ce légume, pourtant incontournable dans les habitudes alimentaires des habitants du Kasaï Oriental, devient difficile à trouver. Conséquence directe : les prix flambent, compliquant davantage le panier de la ménagère de nombreuses familles.
Au marché central de Mbuji-Mayi, les vendeuses constatent une baisse considérable de l'approvisionnement en feuilles de manioc. Selon elles, la saison sèche affecte fortement la production et rend la récolte plus difficile.
« Ces jours-ci, c’est vraiment difficile. On marche beaucoup pour trouver les feuilles de manioc. Les propriétaires des champs ont aussi augmenté les prix. On vendait avant à 500 francs », témoigne une commerçante rencontrée sur place.
Les producteurs disposent de moins de feuilles fraîches et les coûts d'achat ont augmenté, obligeant les revendeurs à répercuter cette hausse sur les consommateurs.
Des prix qui ont doublé, voire triplé
Cette rareté se traduit par une augmentation importante des prix sur les marchés. Une botte de feuilles de manioc vendue auparavant à 500 francs congolais coûte désormais entre 1.000 et 1.500 francs.
La hausse touche également les restaurants populaires, où ce légume constitue un plat très demandé.
Pour Alphonsine Ntanga, responsable du restaurant Maman Alpho, la situation devient préoccupante :
« Pour le moment, les feuilles de manioc ne se font pas voir. Nous aussi, une louche, nous vendons à 1.000 francs. Avant, on vendait beaucoup à 500 francs. Il n’y a que des amarantes sur le marché. Les clients cherchent beaucoup les feuilles de manioc ».
Même les restaurateurs peinent ainsi à satisfaire la demande de leur clientèle habituelle.
Un casse-tête pour les familles nombreuses
Cette hausse des prix affecte particulièrement les familles nombreuses, pour lesquelles les feuilles de manioc constituent un aliment de base. Très appréciées pour leur valeur nutritive et leur capacité à rassasier, elles accompagnent quotidiennement plusieurs repas.
Dans de nombreux ménages, leur absence oblige les consommateurs à revoir leurs habitudes alimentaires et à se tourner vers d'autres légumes disponibles sur les marchés.
Amarantes et choux de Chine comme alternatives
Face à la pénurie, les amarantes et les choux de Chine gagnent progressivement du terrain. Plus abondants en cette période et vendus à des prix relativement abordables, ces légumes représentent une solution de remplacement pour certaines familles.
Cependant, plusieurs ménagères restent sceptiques quant à leur consommation régulière. Elles craignent notamment l'utilisation d'engrais chimiques dans leur culture.
« Les amarantes et les choux sont souvent plantés avec des engrais pour les faire pousser vite. Lorsque je les prépare, cela dégage des liquides noirs. Je n’apprécie pas ces légumes. Les feuilles de manioc rassasient bien les enfants », explique une mère de famille.
Ces inquiétudes, certes non étayées scientifiquement, renforcent tout de même l'attachement d'une partie de la population aux feuilles de manioc, malgré leur coût devenu élevé.
Un aliment au cœur des habitudes alimentaires
Malgré la flambée des prix et les difficultés d'approvisionnement, les feuilles de manioc demeurent l'un des légumes les plus appréciés à Mbuji-mayi. Elles accompagnent traditionnellement le fufu, le riz, la banane plantain ou encore le manioc.
Pour de nombreux habitants, il ne s'agit pas seulement d'un aliment, mais d'un élément essentiel de la culture culinaire locale. En attendant le retour de conditions climatiques plus favorables, les consommateurs devront composer avec des prix élevés et une disponibilité limitée de ce produit très recherché.








