La vannerie en péril à Kinshasa : un art à protéger pour l'identité culturelle congolaise (artisans)

L’art de fabriquer des objets en osier, en raphia et en lianes est en péril dans la ville de Kinshasa. Les vanniers de la capitale congolaise éprouvent de plus en plus de difficultés à se ravitailler en matières premières naturelles pour confectionner leurs œuvres. Rencontrés mercredi 10 juin par un reporter de Radio Okapi, quelques artisans ont lancé un cri d’alarme. Ils appellent à un soutien institutionnel pour préserver et valoriser l’art de la vannerie.

Dans la ville de Kinshasa, les œuvres de vannerie sont souvent exposées et vendues dans des lieux réputés pour cet art, notamment à la place commerciale de Limete, à Binza Météo, à Binza Delvaux, à la place commerciale de Macampagne, ainsi que dans des marchés tels que « Wenze ya Bikeko ».

Parmi ces créations, on trouve notamment des paniers tressés en liane, des chaises en rotin et d’autres objets décoratifs en fibres naturelles, qui racontent une histoire bien particulière : celle de l’art traditionnel de plusieurs peuples de la RDC.

Si les paniers sont utilisés au quotidien, les objets décoratifs ornent les maisons, les bureaux et certains commerces. Quant aux chaises en rotin, elles sont, depuis quelques années, de plus en plus prisées comme sièges des époux lors des cérémonies de mariage coutumier.

Un art à protéger

Pour les artisans, la vannerie n’est pas qu’un simple métier : c’est une combinaison de tradition ancestrale et de savoir-faire, qui permet de produire des ouvrages porteurs de sens et de faire perdurer la culture congolaise.

Mais cet art risque aujourd’hui de disparaître à Kinshasa, capitale de la RDC.

Les artisans vanniers expliquent que, depuis plusieurs mois, ils ont du mal à se ravitailler en matières premières nécessaires au tissage de ces objets utilitaires et décoratifs. Parmi ces matières, on compte notamment les lianes naturelles, le raphia et le bambou.

Les vanniers trouvent de moins en moins de matières premières sur place à Kinshasa. La ville ne dispose presque plus de brousses ni de bosquets où se procurer les lianes et les bambous nécessaires à la confection des œuvres de vannerie. Ces artisans sont donc contraints de s’approvisionner presque entièrement dans d’autres régions du pays. Certains effectuent eux-mêmes des déplacements dans des contrées difficiles d’accès.

Cette situation entraîne une augmentation des coûts d’investissement ainsi qu’un effort physique important, qui affecte la santé de certains artisans.

Face à ces difficultés d’approvisionnement, ils appellent les institutions gouvernementales à agir pour protéger cet art.

« Les lianes utilisées sont naturelles et proviennent d’autres provinces du pays. Ces déplacements nous épuisent, nous exposent à des risques et fragilisent la rentabilité de nos produits, pourtant symboles culturels et identitaires », témoigne un artisan rencontré à la 7ᵉ rue, place commerciale, dans la commune de Limete.

Alors que l’approvisionnement en matières premières devient de plus en plus difficile, cet art bénéficie pourtant d’une demande croissante de la population urbaine, avec une clientèle variée.

Pour les amateurs d’objets en osier et en raphia, la vannerie est un art qui allie à la fois esthétique et authenticité du savoir-faire congolais.

« Hormis leur utilisation lors des mariages coutumiers, j’aime beaucoup ces créations, qu’il s’agisse de nappes, de paniers ou de sous-plats traditionnels. Chaque objet en fibres naturelles m’attire. Ils symbolisent notre culture. Le prix se négocie toujours, car ces matières proviennent de l’intérieur du pays », déclare une cliente passionnée de vannerie.

Mais entre savoir-faire et difficultés d’approvisionnement, cet art constitue aujourd’hui un patrimoine culturel à protéger et à préserver pour l’identité culturelle congolaise et africaine, martèlent les vanniers de Kinshasa.

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