Nord-Kivu : 56 enfants enrôlés par des groupes armés à Walikale en deux semaines (ONG)

Les vacances scolaires se transforment en piège pour les enfants du territoire de Walikale. Dans une interview mercredi 15 juillet à Radio Okapi, l’ONG Groupe d’action pour la protection de l’enfance (GAPE) dénonce le recrutement d’au moins cinquante-six enfants par des milices armées locales, notamment des factions Wazalendo, durant les deux premières semaines des vacances.

L’ONG GAPE affirme avoir mené une enquête la semaine dernière qui démontre qu’au moins cinquante-six enfants ont été enrôlés dans des milices actives au territoire de Walikale. Face à la résurgence de ces violations graves des droits de l’enfant, la structure citoyenne accentue ses campagnes de sensibilisation et appelle les autorités civiles et militaires à intervenir d'urgence pour faire respecter la loi et extirper les mineurs des rangs des combattants.

Les enquêtes menées par l'ONG couvrent plusieurs localités des groupements Waloa Uroba et Bakano, notamment dans les rangs des groupes armés « Uhuru » du général Machite et « Kalomendo ».

Selon le coordonnateur de GAPE, Bayomba Mishiki Bam’s, ce phénomène prend une tournure dramatique nourrie par la précarité :

« 56 enfants au total ont été identifiés au sein de groupes armés.  Selon les témoignages, ces enfants auraient quitté volontairement leurs familles pour rejoindre ces groupes, invoquant la recherche de moyens pour se procurer les fournitures nécessaires à la prochaine rentrée scolaire. Nous poursuivons des activités de sensibilisation en vue d’obtenir leur libération. Il est essentiel de rappeler que la place des enfants n’est pas dans les groupes armés, mais auprès de leurs familles et à l’école ».

Un recul malgré les engagements de démobilisation

Ce nouveau моuvement d'enrôlement marque un coup dur pour les acteurs de la protection de l'enfance dans la région. En mai dernier, cent vingt-deux enfants, dont trente-six filles, avaient pourtant été sortis des maquis de Walikale et réintégrés dans leurs familles grâce au concours de l'UNICEF et du programme P-DDRCS.

GAPE déplore la violation flagrante des engagements pris il y a à peine deux mois par plusieurs chefs miliciens, dont les groupes Uhuru et Raïya Mutomboki, qui s'étaient engagés à bannir le recrutement de mineurs.

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