
Le riz Bumba, consommé pendant longtemps dans les ménages congolais, pourrait renaitre de ses cendres, grâce au nouveau projet « Riz Bumba, Loso na Biso ». Ce dernier vise à faire de ce riz local un moteur de développement économique et de souveraineté alimentaire. Le projet « Riz Bumba, Loso na Biso » entend donc structurer une filière rizicole capable d’augmenter la production, de créer des emplois et d’améliorer les revenus des producteurs. Il est porté par le Gouvernement congolais à travers le ministère de l’Économie nationale, avec l’accompagnement du Fonds de régulation économique et mis en œuvre par la Société rizicole de Bumba, filiale de Plantations et Huileries du Congo (PHC).
A Bumba, dans la province de la Mongala, le pari est lancé : produire davantage de riz congolais pour répondre aux besoins du marché national. Baptisé « Riz Bumba, Loso na Biso », ce projet ambitionne de faire émerger une filière rizicole moderne, compétitive et durable en République démocratique du Congo.
Prévu sur cinq ans, de 2026 à 2030, il prévoit l’accompagnement de près de 30 000 producteurs partenaires, la création de sept unités de transformation rizicole et l’objectif d’atteindre 250 000 tonnes de riz produites à l’horizon 2030.
Au-delà des objectifs de production, les promoteurs affirment miser sur la transformation de l’économie rurale à travers la création d’emplois, l’amélioration des revenus des agriculteurs et une plus grande participation des femmes et des jeunes dans la chaîne de valeur agricole.
Ils soulignent qu’avec « Riz Bumba, Loso na Biso », l’ambition est de valoriser le potentiel agricole de la Mongala et de contribuer progressivement à réduire la dépendance de la RDC aux importations de riz.
Le ministère de l’Économie nationale, par le biais du Fonds de régulation économique (FOREC), et la Société rizicole de Bumba (SRB) avaient signé, jeudi 18 juin à Kinshasa, un protocole d’accord visant le développement intensif de la filière rizicole dans la province de la Mongala.
État des lieux de la Société Rizicole de Bumba
Jadis fleuron de l’économie locale à Bumba, la Société Rizicole de Bumba dont Plantations et Huileries du Congo est l’actionnaire unique, a connu un effondrement depuis plusieurs années. Le riz local a disparu des étales, laissant le champ libre aux importations.
Selon les opérateurs économiques de Bumba, le délabrement des infrastructures constitue l’une des principales causes de cet effondrement. Le mauvais état des routes de desserte agricole a considérablement renchéri les coûts d’évacuation et de commercialisation de la production. Résultat : les grands acheteurs ont progressivement abandonné la filière.
Les commerçants de la ville citent notamment des entreprises telles que la SCIBE-Zaïre du défunt Jeannot Bemba Saolona, ainsi que la société Nogueira, qui figuraient parmi les principaux acheteurs du riz local. Leur désengagement a privé les producteurs de leurs principaux débouchés commerciaux.
À cela s’ajoute la disparition de l’appui institutionnel. Aujourd’hui, les services publics de l’agriculture n’assurent plus l’encadrement des producteurs comme ils le faisaient autrefois.
Un autre obstacle majeur réside dans les conflits armés successifs qui ont secoué le pays à partir de 1996. Ceux-ci ont profondément désorganisé la filière rizicole. D’après certaines sources, la production a connu une baisse spectaculaire, passant de plus de 500 000 tonnes par an à seulement 85 000 à 110 000 tonnes.
Mais une note d’espoir se profile à l’horizon : la Société Rizicole de Bumba renaît cette année. Dans le cadre du projet « Riz Bumba, Loso na Biso », elle ambitionne de relancer la filière et de corriger les erreurs du passé. Un défi de taille, mais aussi une opportunité de redonner espoir à toute une région.








