La ville de Goma fait face à une recrudescence inquiétante des cas de choléra enregistrés ces dernières semaines dans plusieurs structures sanitaires. Les équipes médicales tirent la sonnette d'alarme alors que la saison sèche pousse de nombreux ménages vulnérables à consommer de l'eau non traitée provenant directement du lac Kivu. L'infirmier titulaire du centre de santé CCLK alerte sur une hausse de cas dans cette structure sanitaire.
Au moins dix-huit cas de choléra ont été pris en charge en l'espace de deux semaines au centre de santé CCLK, situé dans la ville de Goma. Une situation préoccupante qui met sous pression le personnel soignant déjà confronté à d'importants défis sanitaires.
Selon Ndaya Dubois, infirmier titulaire de cet établissement, le manque d'accès à l'eau potable constitue l'une des principales causes de cette flambée. En raison des difficultés économiques, de nombreuses familles ne disposent pas des moyens nécessaires pour acheter de l'eau traitée et se tournent vers les eaux du lac Kivu pour leurs besoins quotidiens.
« Nous faisons une surveillance active dans la communauté et les relais communautaires sensibilisent la population sur l'hygiène et sur la consommation d'eau propre. Malheureusement, comme nous sommes dans une période sèche, une grande partie de la population qui n'a pas assez de moyens puise de l'eau au lac. Ce qui explique l'augmentation des cas de choléra ces derniers temps », explique Ndaya Dubois.
Malgré les campagnes de sensibilisation et la mise en place de sites de chloration, les efforts déployés sur le terrain peinent encore à contenir la propagation de la maladie.
« Au niveau de CCLK, la semaine passée, j'ai référé au moins six cas et la semaine précédente, nous étions à plus de douze cas. Jusqu'à présent, nous n'avons pas encore réussi à maîtriser complètement la situation », ajoute-t-il.
Face à cette urgence sanitaire, les relais communautaires renforcent les activités de sensibilisation auprès des habitants. Ils rappellent l'importance du respect des mesures d'hygiène, notamment le lavage régulier des mains et la consommation d'eau potable ou correctement traitée.
Les professionnels de santé insistent également sur la nécessité d'une prise en charge rapide dès l'apparition des premiers symptômes du choléra. La maladie se manifeste principalement par des diarrhées aiguës et des vomissements sévères pouvant entraîner une déshydratation rapide et, dans les cas les plus graves, la mort.
Les autorités sanitaires et les acteurs communautaires appellent ainsi la population à suivre les recommandations des agents de santé afin de limiter la propagation de cette épidémie qui menace plusieurs quartiers de la capitale provinciale du Nord-Kivu.







