
Près de huit mois après la fin des violences qui ont secoué le secteur de Banyali-Kilo, dans le territoire de Djugu en Ituri, les séquelles du conflit demeurent visibles. Si une accalmie sécuritaire est observée depuis l'année dernière, le retour des déplacés, la réhabilitation des infrastructures sanitaires et la relance économique avancent encore à un rythme lent, a rapporté dimanche 19 juillet, le chef de ce secteur.
Le constat dressé par le chef de secteur de Banyali-Kilo, Innocent Madukadala, souligne que la population continue de faire face à de nombreux défis pour retrouver une vie normale.
Selon lui, seuls 20 % des déplacés ont jusque-là regagné leurs villages d'origine. De nombreuses familles découvrent à leur retour des habitations détruites ou incendiées. Dans plusieurs localités situées sur l'axe Kilo-Andasia-Lisey-Kabakaba, les retournés reconstruisent progressivement des abris de fortune en attendant de pouvoir rebâtir leurs maisons.
La situation sanitaire constitue également une préoccupation majeure. L'Hôpital général de référence d'Itendey, fortement affecté par les violences, n'a toujours pas été réhabilité. Cette situation complique l'accès aux soins pour les habitants, alors que la région fait face à la présence de 10 à 15 cas suspects et cas contacts de la maladie à virus Ebola.
Faute d'infrastructures fonctionnelles, les évacuations médicales dépendent essentiellement d'une ambulance basée à Mungwalu, située à plusieurs kilomètres de la zone.
« L'Hôpital général de référence d'Itendey n'est toujours pas réhabilité. Les soins de santé primaire sont devenus un véritable casse-tête pour les habitants, surtout dans ce contexte de maladie à virus Ebola. Pour une urgence médicale, il faut recourir à Mungwalu. Le temps que l'ambulance arrive, il est parfois déjà trop tard », déplore Innocent Madukadala.
Sur le plan économique, la reprise demeure progressive. À Kilo-État, les activités commerciales ont retrouvé environ 50 % de leur niveau habituel. Toutefois, dans plusieurs villages, la fréquentation des marchés reste faible en raison des craintes persistantes liées à l'insécurité.
L'agriculture, principale activité des ménages, peine également à se redresser. La production de banane plantain, aliment de base dans la région, a fortement diminué. Ce produit est désormais acheminé depuis Bunia, ce qui entraîne une hausse importante des prix sur les marchés locaux et accentue les difficultés des populations déjà fragilisées par les années de conflit.
Pour les autorités locales, le retour complet à la normale dans le secteur de Banyali-Kilo passe avant tout par la consolidation de la paix, le renforcement durable de la sécurité ainsi que la relance des activités agricoles et des infrastructures sociales de base, notamment dans le domaine de la santé.







