Les activités socio-économiques ont été fortement perturbées ce lundi 3 aout dans plusieurs localités de la chefferie de Babila Babombi, dans le territoire de Mambasa (Ituri). Cette paralysie fait suite à un appel à deux journées « villes mortes » lancé par la coordination locale de la Nouvelle Société Civile Congolaise (NSCC) pour protester contre la recrudescence des attaques attribuées aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF) et contre les tracasseries routières auxquelles sont confrontées les populations.
Dans les centres de Biakato, Béle ainsi que dans plusieurs autres agglomérations de la chefferie de Babila Babombi, les boutiques, magasins et de nombreux services sont restés fermés durant la journée. Selon des sources locales, la population a largement adhéré au mot d'ordre, entraînant un ralentissement quasi total des activités dans plusieurs localités.
La Nouvelle Société Civile Congolaise explique que cette action vise à attirer l'attention des autorités sur la dégradation de la situation sécuritaire dans la région. L'organisation dénonce notamment la recrudescence des massacres attribués aux rebelles des ADF, responsables de nombreuses attaques meurtrières contre les civils dans le territoire de Mambasa et les zones voisines.
Outre l'insécurité, la société civile fustige également les multiples tracasseries routières signalées sur plusieurs axes de desserte agricole. Selon elle, ces pratiques constituent un obstacle au développement économique local et aggravent les difficultés auxquelles font face les populations.
Le coordonnateur local de la NSCC, Muhindo Mamboro, estime que la mobilisation observée dans les différentes localités traduit le profond mécontentement des habitants face à une insécurité persistante qui affecte la région depuis plusieurs années.
La structure citoyenne appelle les autorités nationales, provinciales et locales à apporter des réponses concrètes aux préoccupations de la population. Elle prévient que d'autres actions citoyennes pourraient être envisagées si aucune mesure efficace n'est prise pour améliorer la sécurité et mettre fin aux tracasseries dénoncées.
De son côté, l'administrateur du territoire de Mambasa, Jean-Baptiste Munyadi, invite les organisateurs de ce mouvement à privilégier des actions qui ne risquent pas de favoriser les ennemis de la paix. Il assure que les forces de défense et de sécurité poursuivent leurs opérations afin de rétablir durablement la sécurité dans la chefferie de Babila Babombi et dans l'ensemble du territoire de Mambasa.
Cette mobilisation intervient dans un contexte marqué par la persistance des violences armées dans plusieurs zones de l'Ituri, où les populations continuent de réclamer un renforcement des mesures de protection et une amélioration des conditions de circulation sur les principaux axes routiers.








