Les chefs coutumiers de Beni et Lubero dénoncent la persistance des massacres des civils par les ADF et les milices locales

Réunis ce dimanche 26 juillet 2026 à Beni, une dizaine de leaders membres de l'Alliance nationale des autorités traditionnelles du Congo (ANATC) ont tiré la sonnette d'alarme sur la dégradation continue du climat sécuritaire dans les territoires de Beni et Lubero, au Nord-Kivu.

Mettant en cause les tueries des ADF, les dérives de certains groupes se réclamant des Wazalendo ainsi que le contentieux foncier avec le Parc national des Virunga, les coutumiers exigent une réaction militaire et politique d'urgence.

Dans leur déclaration commune, les mwamis (chefs coutumiers)  et chefs de groupements dressent un tableau sombre des maux qui frappent le Grand Nord-Kivu :

  • La poursuite des massacres de civils par les terroristes des ADF, particulièrement dans la partie sud-est de la région de Beni.
  • La transformation de la population en « vache laitière » sous la pression des exactions et extorsions exercées par divers groupes armés se réclamant des Wazalendo.
  • Les litiges récurrents sur les limites du Parc national des Virunga, à l'origine d'arrestations arbitraires, de pertes de vies humaines et du blocage des activités agricoles.

Le Mwami Kapupa Askpau, chef du groupement de Batangi-Mbau, a fait lecture des revendications majeures de l'Alliance :

« Les chefs coutumiers condamnent avec la dernière énergie la persistance des massacres des populations civiles et recommandent [...] au commandant des opérations du Nord-Kivu d'intensifier la traque des ADF sur tous les axes [...], de renforcer les effectifs militaires dans les agglomérations sous menace, d'identifier tous les groupes armés locaux se réclamant des Wazalendo et d'assurer leur prise en charge ».

Recommandations urgentes aux autorités militaires et à la population

Pour enrayer cette spirale d'insécurité, l'ANATC formule un appel à trois niveaux :

  • Aux Forces armées (FARDC) : Traquer sans relâche les ADF, sécuriser prioritairement les villages sous menace et encadrer strictement les groupes Wazalendo.
  • Aux populations locales : Développer une vigilance citoyenne en dénonçant systématiquement auprès des services de sécurité tout collaborateur des groupes armés.
  • Au gouvernement central : Inciter le Vice-Premier ministre, ministre de la Défense nationale, à accorder un soutien direct et une attention particulière aux autorités coutumières, premières victimes et témoins de ces crises.
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