En Ituri, la riposte contre l'épidémie d’Ebola doit servir de levier pour la modernisation à long terme du système de santé. C'est le message porté par le gouvernement congolais, par sa cheffe Judith Suminwa, vendredi 24 juillet , qui demande aux partenaires humanitaires et financiers de sortir de la logique des structures provisoires et d'investir dans la construction d'ouvrages permanents en matériaux durables.
Cette orientation répond au plaidoyer des médecins chefs de zone de santé face au délabrement avancé des infrastructures médicales locales, aggravé par des années de conflits armés.
Actuellement, la majorité des centres de traitement, des sites d'isolement ainsi que des points de contrôle sanitaire installés sur les axes routiers sont faits de tentes, de bâches ou de planches. Dans plusieurs zones, les soignants opèrent dans d'anciens bâtiments hospitaliers vétustes ou abandonnés, limitant drastiquement la qualité de la prise en charge.
Une transition vers le relèvement et la pérennisation des soins
Accompagnant la Première ministre en Ituri pour évaluer la réponse humanitaire, la ministre des Affaires sociales et des Actions humanitaires, Ève Bazaiba, a exhorté les intervenants à réorienter les budgets vers des investissements pérennes :
« Nous avons tous visité les sites. Bravo à nos partenaires. Que nous allions dans une approche humanitaire de durabilité, de relèvement de la population. Il nous faut vraiment une construction durable. Beaucoup de dépenses que nous avons faites, mais pour combien de temps allons-nous le tenir ? En dehors d’Ebola, d’autres maladies peuvent être prises en charge si nous allons dans une approche de durabilité en termes d’infrastructures ».
Le système de santé fragilisé par l'insécurité
Cette exigence de durabilité s'inscrit dans un contexte provincial où les violences armées continuent de détruire les structures médicales existantes et de priver d'accès aux soins de santé primaires des milliers de personnes déplacées. Pour les autorités, la réponse aux urgences épidémiologiques doit désormais laisser un héritage infrastructurel solide capable de soutenir le système de santé itinérant bien après la fin de la crise d’Ebola.







