Face à Ebola les structures de santé privées de Nia-Nia décrète un service minimum : la coordination de la riposte désapprouve

Protéger les soignants sans abandonner la population : le dilemme qui divise les acteurs de la santé en pleine épidémie. Dans la zone de santé de Nia-Nia, l'Association des structures de santé du secteur privé (ASSAPRI) a décidé de réduire ses prestations et d'instaurer un service minimum face à la résurgence de la maladie à virus Ebola. Cette posture n’est pas appréciée par la coordination de la riposte contre l’épidémie. 

À l'issue d'une assemblée générale extraordinaire tenue ce samedi 25 juillet, l'ASSAPRI a acté la suspension des consultations nocturnes et le transfert systématique des cas graves vers l'Hôpital général de référence de Nia-Nia.

Pour le docteur Willy Ngeleza, membre de l'association, cette restriction est une question de survie pour les professionnels de santé, durement touchés par les contaminations :

« Les personnels soignants n’ont pas d’équipements de protection individuelle. C’est la raison pour laquelle plusieurs d’entre eux sont en train de mourir, d’autres sont contaminés. [...] Nous devons être dans des conditions appropriées de protection ».

Si les responsables privés invoquent l'urgence de protéger un personnel médical vulnérable et dépourvu de matériel de protection, la coordination de la riposte conteste cette mesure, exigeant le maintien intégral des soins de routine.

La coordination de la riposte exige la continuité des soins

Le coordonnateur terrain de la riposte contre Ebola, le docteur Elie Mutombo, souligne que le système de santé ne doit pas s'effondrer au détriment des autres pathologies :

« Ce n’est pas parce que nous sommes en période d’épidémie qu’on doit arrêter de soigner la population, parce que tout le monde ne souffre pas d’Ebola. [...] Pendant l’épidémie, les services de santé de routine continuent ».

Face à cette impasse, l'ASSAPRI lance un appel pressant au gouvernement et aux partenaires humanitaires pour un approvisionnement rapide en équipements de protection individuelle (EPI), condition sine qua non d'une reprise normale des activités de soins en toute sécurité.

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