Exode des habitants du Grand Kasaï et du Grand Bandundu vers le Grand Katanga


Plusieurs habitants du Grand Kasaï et du Grand Bandundu quittent leurs provinces pour Lubumbashi, dans le Haut-Katanga ou Kolwezi dans le Lualaba. Réunification familiale, recherche du bien-être ou poursuite des études : les motivations divergent. Mais les conditions de voyage restent difficiles, selon plusieurs témoignages. 
Pendant la saison sèche, des véhicules privés venus de Lubumbashi et Kolwezi acheminent des produits manufacturés vers Mbuji-Mayi et Ngandajika. Au retour, ils transportent de nombreux passagers du Grand Bandundu et du Grand Kasaï, déterminés à rejoindre le Haut‑Katanga par la route. Mbuji-Mayi demeure le passage obligé de ces convois.
Mais les conditions de voyage sont jugées déplorables
Madeleine Nzeba, mère de six enfants, quitte Tshitolo, dans son territoire natal de Katanda, pour rejoindre son mari à Lubumbashi. Elle affirme que la vie est devenue intenable :
« Dans le Haut-Katanga, si tu as un peu d’argent, tu peux te débrouiller et manger avec les enfants. Ce n’est pas le cas ici. Nous avons la famine. Difficile de vêtir les enfants.  Tu fais le champ, on te vole les récoltes. La souffrance dépasse les limites ! »
Un autre voyageur dit partir pour améliorer ses conditions de vie. « Je partais dans les mines (de diamant). Actuellement, il n’y a plus des minerais. Je pars à Lubumbashi. D’autres personnes sont aussi parties. Si je ne parviens pas à entreprendre, je vais rentrer ici ».
Antho Ngalula, venue de Lufira, évoque un exode massif :
« Notre village est resté vide. C’est du côté de Lufira. Près de dix villages se vident. Tous partent dans le Haut Katanga. Les jeunes partent, les femmes et les enfants »
Nsuanansuana, jeune étudiant, venu de Kikwit, se rend à Lubumbashi pour poursuivre ses études. « Je pars étudier à Lubumbashi.  Mon grand frère est là-bas. Il a fait ses études-là. Il m’attend là-bas. C’est lui qui va me prendre en charge », explique-t-il.
Ces déplacements se font dans des conditions précaires : des hommes et des jeunes garçons voyagent parfois sur les toits des véhicules, qui transportent plus de cent personnes, femmes et enfants compris.