À l'occasion de la Journée nationale du Génocide pour des gains économiques (GENOCOST), célébrée chaque 2 août en République démocratique du Congo (RDC), le Prix Nobel de la paix 2018, Denis Mukwege, a lancé un appel pressant en faveur de la justice, de la vérité et des réparations pour les millions de victimes des conflits qui endeuillent le pays depuis plusieurs décennies.
Dans une déclaration publiée samedi 2 août, le célèbre gynécologue et défenseur des droits humains estime que la commémoration du Génocost doit dépasser le simple devoir de mémoire pour déboucher sur des actions concrètes. Selon lui, la reconnaissance de cette journée nationale ne prendra tout son sens que si elle s'accompagne d'un véritable processus de justice en faveur des victimes des violences armées perpétrées en RDC.
Vingt-huit ans après le déclenchement de la deuxième guerre du Congo, Denis Mukwege dénonce la persistance des massacres, des violences sexuelles, des déplacements forcés de populations et du pillage des ressources naturelles du pays. Il regrette que ces crimes continuent d'être commis dans un climat d'impunité quasi totale.
Le lauréat du Prix Nobel de la paix attire notamment l'attention sur les exactions attribuées aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF) dans les territoires de Beni, au Nord-Kivu, et de Mambasa, dans la province de l'Ituri. Pour lui, ces violences illustrent la nécessité de renforcer les mécanismes de justice et de protection des populations civiles.
Denis Mukwege appelle également à la cessation des agressions contre la République démocratique du Congo, à la fin de l'exploitation illicite de ses ressources stratégiques ainsi qu'au respect de sa souveraineté et de son intégrité territoriale.
Réitérant son plaidoyer pour la mise en place d'un Tribunal pénal spécial pour la RDC, il estime qu'un tel mécanisme pourrait contribuer à lutter contre l'impunité et à rendre justice aux victimes des crimes les plus graves commis sur le territoire congolais.
Le Prix Nobel de la paix invite les Congolais, les dirigeants nationaux et la communauté internationale à transformer le souvenir des souffrances du passé en un engagement concret pour la paix. Il appelle à faire des « minerais de conflits des minerais de paix, de l'impunité la justice et de la souffrance l'espérance ».







