
Les usagers des routes Uvira-Luvungi, Mwenga-Uvira et Uvira-Fizi-Baraka ( Sud-Kivu) dénoncent la multiplication des barrières érigées par certains combattants Wazalendo, engagés aux côtés des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) dans la lutte contre l’AFC/M23. Selon plusieurs témoignages recueillis ce mardi 4 aout par Radio Okapi, des taxes allant de 10 000 à 50 000 francs congolais seraient exigées aux voyageurs, suscitant de vives inquiétudes au sein de la population.
D'après des habitants et des usagers de ces axes routiers, ces prélèvements sont imposés à différents points de contrôle installés sur les routes reliant plusieurs territoires du Sud-Kivu. Les voyageurs affirment être contraints de payer les montants demandés pour poursuivre leur trajet.
Le Conseil territorial de la jeunesse de Mwenga dénonce cette situation qu'il considère comme une forme de tracasserie pénalisant les populations déjà confrontées aux difficultés économiques et sécuritaires.
Selon son président, Mukamba Gaspard, les personnes empruntant ces routes sont soumises aux mêmes exigences, indépendamment de leur âge ou de leur statut.
« Les passants, sans distinction d'âge, sont contraints de s'acquitter des sommes exigées aux différentes barrières », affirme-t-il.
Il ajoute que certains voyageurs qui refusent ou tardent à payer seraient victimes de mauvais traitements, une situation qui alimente le mécontentement au sein des communautés concernées.
Face à cette situation, le Conseil territorial de la jeunesse de Mwenga appelle les autorités compétentes à prendre des mesures urgentes afin de mettre fin à ces pratiques et de garantir la libre circulation des personnes et de leurs biens.
Les autorités provinciales réagissent
Réagissant à ces dénonciations, le vice-gouverneur du Sud-Kivu, Jean-Jacques Elakano, a exhorté toutes les composantes des Wazalendo à faire preuve de responsabilité et à respecter les dispositions arrêtées par le Conseil provincial de sécurité.
Il a notamment appelé au démantèlement de toutes les barrières non autorisées, afin de mettre fin aux perceptions illégales signalées par les usagers.
Cette mise en garde intervient dans un contexte où les groupes Wazalendo jouent un rôle important dans l'appui aux opérations militaires contre les rebelles de l’AFC/M23 dans plusieurs zones de l'est du pays.
Des accusations récurrentes
Ces nouvelles dénonciations s'ajoutent à d'autres allégations déjà rapportées par diverses organisations et acteurs de la société civile. Certaines factions des Wazalendo sont régulièrement citées dans des rapports les accusant de violations des droits humains dans les zones placées sous leur influence ou leur contrôle.
Pour les observateurs, le défi consiste désormais à concilier les efforts de défense du territoire avec le respect des droits des populations civiles. Plusieurs acteurs locaux estiment que le renforcement de la discipline et de l'encadrement des groupes d'autodéfense demeure indispensable pour préserver la confiance des communautés qu'ils sont censés protéger.
En attendant d'éventuelles mesures des autorités, les usagers concernés espèrent la suppression rapide de ces barrières qu'ils jugent illégales et préjudiciables à leurs activités quotidiennes.








