Prison centrale de Boma : la FCDHD alerte sur des conditions de détention alarmantes

La Fédération congolaise des droits de l’homme et de développement (FCDHD) exprime sa vive inquiétude face à la dégradation continue des conditions de détention à la prison centrale de Boma (Kongo-Central). Elle dénonce une situation qu’elle qualifie d’alarmante et appelle les autorités à prendre des mesures urgentes pour améliorer le sort des détenus.

Selon le coordonnateur provincial de la FCDHD, Gabriel Makiesse, la prison centrale de Boma, construite en 1905 pour accueillir 150 détenus, héberge aujourd’hui plus de 300 pensionnaires, soit plus du double de sa capacité initiale. Cette surpopulation carcérale engendre de nombreuses difficultés, notamment en matière de sécurité, d’hygiène et de respect des droits fondamentaux des détenus.

Promiscuité

La FCDHD souligne également l’état de vétusté très avancé des infrastructures pénitentiaires. La dégradation des installations, notamment l’effondrement partiel de la clôture de la prison, favoriserait des évasions à répétition, compromettant davantage la sécurité de l’établissement.

L’organisation s’inquiète aussi du non-respect des principes fondamentaux de séparation des catégories de détenus. D’après Gabriel Makiesse, les mineurs sont détenus avec les adultes, les femmes avec les hommes et les prévenus avec les condamnés :

« Nous relevons à l’intention de l’opinion nationale et internationale la non-effectivité des principes de séparation des catégories de détenus, notamment les enfants mineurs des adultes, les femmes des hommes ainsi que les prévenus des condamnés. Cette situation expose les enfants à des violences physiques et psychologiques, les femmes à des abus sexuels et les prévenus à des cas de torture de la part des condamnés ».

Selon l’organisation, cet environnement de promiscuité constitue une menace sérieuse pour la sécurité et l’intégrité physique des détenus. Elle alerte également sur les risques sanitaires liés aux mauvaises conditions d’hygiène et à la surpopulation carcérale, qui favoriseraient la propagation de plusieurs maladies à l’intérieur de la prison.

Beaucoup de décès

La FCDHD estime par ailleurs que ces conditions de détention précaires seraient à l’origine de nombreux décès enregistrés parmi les pensionnaires de l’établissement pénitentiaire.

Face à cette situation, l’organisation adresse plusieurs recommandations aux autorités nationales. Elle demande notamment au ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, d’effectuer dans les plus brefs délais une mission d’inspection à la prison centrale de Boma afin de constater la réalité des conditions de détention et de mettre en œuvre des solutions urgentes.

« Nous recommandons à Son Excellence Monsieur le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, d’organiser en urgence une descente à la prison de Boma pour palper du doigt les conditions inacceptables dans lesquelles vivent les détenus, afin que des mesures urgentes et palliatives soient trouvées », a insisté Gabriel Makiesse.

Détentions préventives prolongées

Par ailleurs, la FCDHD dénonce la durée excessive de certaines détentions préventives. Selon l’organisation, cette situation est principalement liée à la lenteur des procédures judiciaires et au manque de magistrats dans les tribunaux de paix, contribuant ainsi à l’aggravation de la surpopulation carcérale.

À travers ce plaidoyer, la Fédération congolaise des droits de l’homme et de développement appelle les autorités compétentes à agir rapidement pour garantir le respect des droits des détenus et améliorer les conditions de vie au sein de la prison centrale de Boma.