La suspension inexpliquée des traitements de 1 097 agents et fonctionnaires de l'État suscite une vive tension sociale ce jeudi 17 septembre à Matadi, capitale provinciale du Kongo-Central.
Dénoncée par le Syndicat national des cadres et employés des secteurs et services de la RDC (SYNCASS), cette rupture de paiement touche la rémunération de base ainsi que les primes du troisième trimestre.
Le syndicat menace de paralyser l'administration publique provinciale par un mot d'ordre de grève générale dès la fin du mois si les agents ne sont pas immédiatement rétablis dans leurs droits.
Cette crise sociale est survenue à la suite du processus d'intégration de la paie complémentaire dans la paie ordinaire amorcé en juillet 2026, créant d'importantes perturbations dans la chaîne de distribution bancaire.
Désorganisation bancaire et désarroi des fonctionnaires
Face aux démarches infructueuses menées auprès de la Division provinciale de la santé, de la Fonction publique et de l'Ordonnancement provincial, les agents lésés dénoncent des renvois de responsabilité entre les institutions bancaires partenaires.
Jacques Lukebamoko, cadre du SYNCASS, dépeint l'impasse logistique dans laquelle se trouvent les travailleurs :
« Au début du mois de septembre, nous nous sommes rendus à l'Access Bank et à notre grande surprise, on nous apprend que nous sommes transférés à la Rawbank. Mais du côté de la Rawbank, le gérant nous dit qu'il n'a reçu aucun rapport qui justifie que nous serons payés à la Rawbank. Nous sommes abandonnés à notre triste sort ? Ou avons-nous réellement un ministre de tutelle qui doit trouver une solution à notre cas ? »
Ultimatum du syndicat et réponse des autorités provinciales
Devant la précarité accrue des ménages touchés, l'intersyndicale interpelle directement la Première ministre, le Vice-Premier ministre en charge de la Fonction publique ainsi que les ministères du Budget et des Finances pour obtenir un arbitrage national d'urgence.
Albert Banzolako, chargé des relations publiques du SYNCASS, exige la restitution immédiate des enveloppes salariales retenues sous peine de lancer un arrêt de travail généralisé sur l'ensemble du territoire provincial.
Joint à ce sujet par Radio Okapi, le service de l'Ordonnancement provincial affirme avoir officiellement saisi le Comité local de paie afin de corriger ces anomalies techniques et de régulariser la situation des 1 097 fonctionnaires concernés dans les plus brefs délais.







