La gestion des déchets constitue un problème environnemental et sanitaire préoccupant à Kananga, chef-lieu du Kasaï-Central. Le constat a été fait par Radio Okapi lors d’une série de productions de terrain réalisées du 21 au 26 septembre 2026.
Dans plusieurs quartiers, les déchets s’accumulent sur les voies publiques et obstruent les caniveaux, menaçant notamment les infrastructures routières.
Dans plusieurs quartiers de Kananga, notamment sur l’avenue Dekese, dans la commune de Ndesha, des ménages déversent leurs déchets directement sur la voie publique. Sacs plastiques, restes alimentaires et autres détritus s’y accumulent, entravant la circulation et dégradant le cadre de vie.
L’environnementaliste David Muanda estime que cette situation contribue à la dégradation des chaussées et favorise la propagation de certaines maladies.
« Je préconise la mise en place d’un système municipal efficace d’évacuation des déchets, ainsi qu’une implication accrue des ménages dans leur gestion ».
L’accumulation des déchets menace également les infrastructures récemment aménagées. Sur l’avenue Lulua et au niveau du rond-point Carrefour, dans le centre-ville, des caniveaux sont obstrués par la terre et les sachets plastiques.
Ces bouchons empêchent l’évacuation normale des eaux de pluie et pourraient favoriser l’apparition de nouvelles têtes d’érosion, selon des acteurs de la société civile.
Daniel Ntumba Tshimanga, coordonnateur de l’organisation « Debout Congolais pour le Développement Durable », appelle à préserver les ouvrages de drainage.
« Je demande également aux autorités provinciales d’organiser régulièrement le curage des caniveaux, d’installer des poubelles publiques et d’assurer leur entretien », insiste cet acteur.
Recyclage : le charbon écologique comme alternative à la déforestation
Face à ce défi environnemental, des acteurs locaux développent des solutions palliatives. À travers son entreprise « Kasaï Innovation », le jeune entrepreneur Marcel Mulamba collecte et valorise les déchets agricoles, notamment les restes de maïs, les pelures de manioc et la sciure de bois, pour les transformer en briquettes de charbon écologique.
Il indique que cette alternative à la braise traditionnelle vise à freiner la déforestation dans la région. L'initiative, qui emploie déjà 25 jeunes, suscite l'adhésion de ménages locaux pour son caractère économique et l'absence de fumée lors de la cuisson.
Toutefois, le promoteur dit faire face à un manque d'équipements semi-industriels qui limite sa capacité de production.
« Je sollicite un accompagnement des partenaires techniques et des autorités publiques pour bien mener ce projet », plaide Marcel Mulamba.







