
À Kananga, dans le Kasaï-Central, Marcel Mulamba a choisi de donner une seconde vie aux déchets. Dans son atelier, les restes de maïs, les pelures de manioc et les sciures de bois ne finissent plus systématiquement à la poubelle.
Le jeune entrepreneur les transforme en briquettes de charbon écologique destinées à la cuisson.
Les reporters de Radio Okapi sont allés découvrir son atelier le weekend dernier.
Son initiative est portée par une double ambition : développer une activité économique et proposer une alternative au charbon de bois traditionnel, largement utilisé dans les ménages.
Dans l’atelier de son entreprise, Kasaï Innovation, Marcel Mulamba travaille avec différents déchets issus notamment de l’agriculture.
« Ce sont les charbons fabriqués à partir des déchets agricoles : les restes de maïs, les pelures de manioc, mais aussi les sciures de bois. »
Le procédé permet de transformer ces résidus en briquettes utilisables pour la cuisson. Pour Marcel Mulamba, cette activité représente aussi une manière de sensibiliser à la préservation des forêts.
« Quand on fait recours aux braises traditionnelles, on est en train d’abattre les arbres. »
À Kananga, les briquettes produites par le jeune entrepreneur commencent à trouver leur place dans certains ménages. Esther Mbuyi les utilise notamment pour la cuisson et relève leur faible production de fumée ainsi que leur coût.
« J’apprécie ces charbons parce qu’ils ne produisent pas de fumée et ils sont économiques », témoigne-t-elle.
Cette utilisation reste toutefois limitée par les capacités de production de l’entreprise.
Le défi du matériel
Dans son atelier, une partie du travail est encore effectuée manuellement. Le manque d’équipements ralentit la production et complique l’approvisionnement des clients.
« On n’a pas assez de matériel. Il y a d’autres parties qu’on fait manuellement, ce qui cause ces retards d’approvisionnement. »
Marcel Mulamba souhaite ainsi obtenir un accompagnement des autorités ou de partenaires afin d’améliorer ses équipements et d’augmenter sa capacité de production.
Au-delà de la valorisation des déchets, son activité a déjà permis de créer des emplois. Vingt-cinq jeunes travaillent autour de ce projet à Kananga.
Dans son atelier, Marcel Mulamba poursuit une entreprise encore à taille réduite, mais qui cherche à répondre à deux défis locaux : la gestion des déchets et la pression exercée sur les ressources forestières par l’utilisation du charbon de bois.








