Incidents du Palais du peuple: l’Asadho et la VSV exigent une enquête judiciaire


L'entrée du président de l'Assemblée nationale dans la salle de congrès après avoir été bousculé par les militants venus nombreux à la plénière du mercredi 19 mai

L’Association africaine de défense des droits de l’homme (Asadho) a exprimé sa préoccupation face «à la violence et les voies de fait utilisées par les militants du Parti lumumbiste unifié (Palu) pour empêcher les députés nationaux d’exercer leurs droits constitutionnels », dans un communiqué de presse publié le jeudi 20 mai à Kinshasa. La VSV a déploré les mêmes incidents. Les deux ONG appellent à l’ouverture d’une enquête judiciaire.

L’Asadho déplore le climat de tension observé au Palais du peuple, le mercredi 19 mai, où la motion de censure contre le Premier ministre Adolphe Musito (Palu) devrait être examinée à l’Assemblé nationale.

L’Asadho demande notamment au procureur général de la République d’ordonner l’ouverture des enquêtes judiciaires pour identifier les militants du Palu impliqués dans cette affaire.

Le président national de l’Asadho, Me Jean-Claude Katende, explique:

«Il y a eu quelques irrégularités dans la motion de censure contre le gouvernement Muzito par certains députés nationaux. Mais, nous pensons qu’il y a des lois et règlements qui permettent aux députés de régler tous les problèmes qui se posent au sein de l’Assemblée nationale, sans qu’il y ait besoin de recourir aux militants qui mettent la sécurité de tous les députés en danger.»

Selon lui, même la police commise à la garde du Palais du peuple, siège du Parlement, n’a pas pu intervenir.

Cet activiste des droits humains crie à la discrimination:

«Si cette situation était causée par des militants d’un autre parti qui n’est pas membre de l’alliance [au pouvoir], la police se serait déployée pour les empêcher de le faire.»

La VSV désapprouve aussi

Même son de cloche du coté de la Voix des sans voix pour les Droits de l’homme (VSV). Dans un communiqué publié le même jeudi, la VSV exprime « sa vive désapprobation consécutivement à la terreur orchestrée à l’Assemblée nationale par le Gouvernement en instrumentalisant les partisans du Palu ».

Selon cette ONG, il est plus que temps de mettre fin à l’intolérance politique, au non respect de la liberté d’opinion et à tout comportement susceptible de mettre en péril la démocratie en RDC.

Par ailleurs, la Voix des sans voix invite l’opposition congolaise à mettre dorénavant du sérieux dans son travail et d’éviter les coups de théâtre lors des plénières de l’Assemblée nationale. Allusion faite au retrait de la motion de censure contre le gouvernement Muzito.

La VSV va plus loin. Elle demande à l’Assemblée parlementaire de la Francophonie de diligenter une enquête sur les incidents survenus le 19 mai au Palais du peuple en vue de sanctionner les coupables.