«L'application de la loi sur les violences sexuelles est un échec en RDC», selon l’avocat général près la Cour d’appel de Matete

« L’application de deux textes de loi de  2006 est un échec en RDC », a déclaré l’avocat général Stanislas Kalambay du parquet général près la Cour d’appel de Kinshasa-Matete lors d’une conférence organisée mercredi 9 février par la Lizadeel, Ligue de la zone Afrique pour la défense des droits des enfants et élèves. Cette rencontre entrait dans le cadre du programme de lutte de cette ONG contre la corruption dans l’instruction des infractions liées aux violences sexuelles.
Pour l’avocat général, plusieurs goulots d’étranglement empêchent une application efficace de cette loi.
Il cite les moyens insuffisants mis à la disposition de la justice.

Au terme de cette loi, les magistrats n’ont que quatre mois au maximum pour traiter un cas de violences sexuelles, a-t-il poursuivi.

Un délai qu’il estime court au regard des moyens à la disposition des magistrats.

A cette entrave, s’ajoutent les refus des victimes de collaborer avec la justice et le conflit entre l’ordre public et l’ordre familial, dictés par la sauvegarde de l’honneur et de la dignité des victimes. Sous la pression de la famille, certaines victimes ne dévoilent pas leurs auteurs ni leur état.

Autres obstacles à la justice pour rendre justice en cas des violences sexuelles, selon Stanislas Kalambay : le laxisme, la partialité et la complaisance des magistrats du parquet et de ceux du siège. Une complaisance qu’il attribue à la « vente déshonorante des consciences pour une profession aussi noble.» Un euphémisme pour qualifier la corruption des magistrats. Et de conclure:

On constate que l’application de la loi de 2006 sur les violences sexuelles est un échec cuisant dont les responsables sont essentiellement les hommes qui sont au centre de l’application de la loi.

Il a recommandé aux pouvoirs publics de mettre des moyens à la disposition de la justice et aux magistrats de «prendre au sérieux cette mission divine.»

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