Isangi : la population en brousse pour fuir les rançonnements des policiers

Défilé de la police à Kisangani, décembre 2010.Défilé de la police à Kisangani, décembre 2010.

Défilé de la police à Kisangani, décembre 2010.

Des habitants de Yaisuli, dans le territoire d’Isangi, se sont refugiés en brousse pour fuir les rançonnements d’un officier de police de Yangambi, en mission dans cette entité située à environ 325 km à l’ouest de Kisangani. Selon Joël Bafando, député provincial du territoire d’Isangi, ce policier saisit toutes les occasions pour extorquer des biens et de l’argent à la population.

« Ils sont en train d’arrêter les gens. Ils ont arrêté même le chef de groupement de Yaisuli, qui leur a remis quelque chose comme « banane » [pot de vin] », a expliqué l’élu d’Isangi.

Avec la complicité du commandant du sous commissariat de police de Yaisuli, ce capitaine de la police nationale congolaise (PNC) de Yangambi profite même des disputes conjugales ou conflits de voisinage pour rançonner la population, a ajouté Joël Bafando.

« Aujourd’hui, même les membres de famille des deux chefs qui se disputent le pouvoir ont été arrêtés comme ça, arbitrairement, alors qu’ils ne connaissent rien. Si on ne vous trouve pas, mais on trouve votre femme, on l’arrête », a-t-il déploré.

Pour ce député, l’enclavement de ce territoire qui manque de routes et de voies de communication facilite ce genre d’abus et permet « d’arrêter n’importe qui, pourvu qu’on obtienne des bêtes ou des chèvres ».

« Selon les dernières informations, plus de 25 personnes sont en prison. Pour les libérer, il faut payer 200 000 Francs congolais [environ 220 dollars américains]. Où est ce que cette pauvre population va trouver les 200 000 à donner à ces policiers », a-t-il questionné.

Le député provincial d’Isangi explique que ce capitaine de la PNC/Yangambi avait accompagné le commissaire de district pour une mission dans ce territoire et a décidé d’y rester. Cet élu demande que soient déférés devant la justice les policiers cités dans cette affaire, qui n’en seraient pas à leur premier forfait.

Contactées, les autorités provinciales de la PNC disent ne pas être informées de cette situation et promettent de diligenter une enquête à ce sujet.

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