RDC: OSISA demande au gouvernement de réformer les services de sécurité

Des éléments des FARDC au Nord-Kivu (Archives).Des éléments des FARDC au Nord-Kivu (Archives).

Des éléments des FARDC au Nord-Kivu (Archives).

L’ONG Open society initiative for Southern Africa (OSISA) approuve les conclusions du rapport, publié mardi 20 mars, par le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme accusant les forces de sécurité congolaises d’avoir tué au moins trente trois personne durant la dernière phase de la période électorale en 2011. OSISA juge ce rapport crédible et recommande au gouvernement la reforme des services de sécurité et de la justice, «plutôt que de se tirer dessus». 

Le directeur adjoint de cette ONG sud-africaine qui soutient la promotion des droits humains et la bonne gouvernance en RDC, Hubert Tshisuaka, a déclaré:

 «Que la Gouvernement prenne acte de toutes ces dénonciations et travaille avec ses partenaires multinationaux, comme les Nations unies, et bilatéraux, comme les autres pays qui aident à la formation de l’armée, de la police et des services de sécurité ; y compris les Etats-Unis, l’Afrique du Sud, la Belgique (…) Au lieu de se mettre à crier que c’est faux. Mais, tout le monde sait que c’est vrai !»

Dans son un rapport publié mardi 20 mars à Kinshasa et à Genève (Suisse), le bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme a indiqué qu’au moins trente-trois personnes avaient été tuées, quatre-vingt-trois blessées par balles et seize portées disparues entre le 26 novembre et le 25 décembre en République démocratique du Congo (RDC). Ces tueries avaient été perpétrées par les soldats de la Garde républicaine (GR), la Police nationale congolaise (PNC) et l’Agence nationale des renseignements (ANR), selon la même source.

«Nous considérons que ce rapport n’a pas été fait avec tout le sérieux nécessaire. Les affirmations qui se trouvent dans ce rapport sont totalement fausses pour beaucoup de cas », a déclaré le ministre des Affaires étrangères, Alexis Thambwe Mwamba, jeudi 22 mars devant les ambassadeurs accrédités en RDC. Mardi 20 mars déjà, le ministre de la Justice et Droits humains, Luzolo Bambi Lesa, avait aussi qualifié ce rapport d’«incohérent, gratuit et exagéré ».

Les partisans de Tshisekedi réclament une enquête à Mbuji-Mbuji

Réagissant à la publication de ce rapport, la dynamique de Soutien à Etienne Tshisekedi wa Mulumba (Set), principal challenger du président Kabila à la présidentielle de novembre 2011, a demandé qu’une clarification soit aussi faite sur les violations des droits de l’homme survenus à Mbuji-Mayi pendant la même période électorale.

Le porte-parole de cette dynamique, Benoît Kazadi Kabeya, a expliqué :

«Dans la ville de Mbuji-Mayi et au Kasaï Oriental en général, il y a des indices sérieux sur des enlèvements, des massacres, des exécutions sommaires, dont on a eu à découvrir une dizaine de corps sans vie flottants sur la rivière Sankuru.»  

 Il a condamné le couvre-feu qui avait été décrété «sans aucune explication» à Mbuji-Mayi et l’interdiction, toujours en vigueur, des manifestations politiques.

«Les cas de violations des droits de l’homme sont multiples. On ne pourra pas nous dire qu’il y a des droits et des vies à protéger qu’à Kinshasa. Ici, la situation est grave et même dramatique», a souligné Benoît Kazadi

Pour sa part, le coordonnateur provincial de la Majorité présidentielle (MP), Alidor Numbi, se dit satisfait de voir «les auteurs des exactions pendant la période électorale», réclamer aujourd’hui une enquête.  «Le pire avait été évité grâce au couvre-feu décrété. Sinon, il y aurait eu génocide à Mbuji-Mayi», a-t-il affirmé.

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