Kampala: les chefs d’Etat des Grands lacs attendent les conclusions de leurs ministres de Défense

De gauche à droite: Les présidents du Rwanda Paul Kagame, de la Tanzanie Jakaya Kikwete, de l’Ouganda Yoweri Museveni et de la RDC Joseph Kabila à l’ouverture du sommet des chefs d’Etat de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs à Kampala, le 7 août 2012. Photo Droits tiers.

Prévu pour ce vendredi 7 septembre à Kampala, le sommet des chefs d’Etat des pays des Grands lacs sur la sécurité dans l’Est de la RDC ne va finalement pas débuter avant samedi. Les présidents de la RDC, de la Tanzanie et du Sud-Soudan qui sont déjà arrivés dans la capitale ougandaise attendent les propositions des ministres de Défense de la sous-région qui continuent de discuter de l’ordre du jour du sommet et «des mesures urgentes à prendre pour mettre fin aux activités de la rébellion du Mouvement du 23 mars (M23). Le président du Rwanda ne fera pas le déplacement de Kampala. Il devrait être représenté par ses ministres de la Défense et des Affaires étrangères, James  Kabarebe et Louise Mushikiwabo.

Au cours de ce sommet, les chefs d’Etats vont notamment examiner le rapport du sous comité de défense qui s’était réuni le 18 août dernier à Goma ainsi que la question de l’opérationnalisation et du financement de la force internationale neutre qui doit être déployée à la frontière entre la RDC et le Rwanda. Cette force est censée combattre les groupes armés actifs dans l’Est de la RDC notamment les rebelles des FDLR et du M23.

Selon le secrétaire exécutif de la Conférence internationale des pays de la région des Grands lacs (CIRGL), le Congolais Ntumba Lwaba, « les ministres de la Défense doit également prendre des mesures rapides pour le redéploiement du mécanisme conjoint de vérification de la frontière [entre le Rwanda et la RDC] élargie aux autres pays de la CIRGL ».

Léonard Mukobo, expert de la défense du Congo Brazzaville qui prend aussi part aux travaux de ce sous-comité de défense, a déclaré, jeudi 6 septembre, être convaincu que cette force internationale neutre se mettra en place. « Au stade actuel, les choses ont suffisamment avancé dans le bon sens », a-t-il confié.

Mais jeudi 6 septembre, au cours d’une réunion préparatoire du sommet, les experts congolais de la défense ont accusé leurs homologues rwandais de refuser l’examen de la proposition des ministres de la Défense sur l’implication des Nations unies et de l’Union africaine dans la force neutre.

Certains analystes affirment que le Rwanda n’est pas favorable à la participation de la mission onusienne déployée en RDC dans cette force neutre, comme le proposent certaines personnalités et organisations.

Interrogé le lundi 20 août sur cette opposition de Kigali, le ministre congolais des Affaires étrangères, Raymond Tshibanda a déclaré qu’il n’est pas possible « de dire que la mission onusienne ne va pas être impliquée ».

Il a rappelé que les ministres de la Défense des pays des Grands lacs avaient déjà décidé que cette force neutre devrait être placée sous le mandat de l’Union africaine et de l’ONU.

Le déploiement de cette force neutre est consécutif à la recrudescence de l’insécurité dans l’Est de la  RDC marquée par la création, au mois de mai, d’une nouvelle rébellion, le M23, dans la province du Nord-Kivu.

La RDC accuse le Rwanda de soutenir ce mouvement rebelle créé par des mutins de son armée.

Ces accusations ont également été portées par des experts des Nations unies. Une annexe du rapport qu’ils ont publié en juillet dernier, accuse les forces armées rwandaises de « fournir du matériel militaire, des armes, des munitions et des fournitures diverses aux rebelles du M23 ».

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