16 février : une association réclame une journée pour « les Martyrs de la démocratie »

Marche des chrétiens encadrés par la police, le 16/02/2012. Radio Okapi/Ph. Aimé-NZINGA

Des chrétiens ont participé ce samedi 16 février à des cultes organisés à Kinshasa pour commémorer le 21e anniversaire de la marche des chrétiens réprimée dans le sang en 1992 par le régime du Maréchal Mobutu. Après le culte œcuménique organisé à la paroisse Notre Dame de Fatima, l’Association Entente Inter-provinciale a invité le président de la République Joseph Kabila et le Parlement à faire de la journée du 16 février « une journée nationale des Martyrs de la démocratie ».

Pour le président de cette association, Jean-Marie Ntantu Mey, la journée du 16 février revêt « un caractère national ».

« La  journée du 16 février devrait être célébrée chaque année comme nous célébrons le 4 janvier [Journée nationale des Martyrs de l’indépendance, elle est fériée]. Si ceux qui sont morts le 4 janvier 1959 le sont pour conquérir l’indépendance, ceux du 16 février sont morts pour conquérir la démocratie », a-t-il déclaré.

De son côté, l’abbé José Mpundu qui a célébré la messe à la paroisse Saint Augustin dans la commune de Limete a appelé les chrétiens à ne pas avoir peur d’exprimer leurs idées et leurs convictions notamment celles relatives à la démocratie.

« N’ayez pas peur d’exprimer vos attentes, votre volonté de paix et de démocratie. N’ayez pas peur de ceux qui peut tuent le corps et ne peuvent pas tuer l’âme », a-t-il lancé.

Les chrétiens qui avaient manifesté le 16 février 1992 réclamaient la réouverture de la Conférence nationale souveraine qui avait réuni des délégués représentant de toutes les couches de la population, de toutes les provinces et de la diaspora pour discuter de la situation du pays.

Une manifestation de l’opposition dispersée

Des dirigeants et des sympathisants de la plate-forme de l’opposition Forces acquises au changement (Fac)/opposition qui prévoyaient de manifester après le culte organisé à la paroisse Saint Augustin ont été dispersés par la police. Les autorités de la ville de Kinshasa avaient interdit l’organisation de toute manifestation, invoquant des raisons de sécurité.

Des bousculades ont été observées à la sortie de cette messe, les policiers tentant de dissuader les militants de se réunir pour commencer leur marche.

« Nous avions programmé une marche pacifique. Nous ne nous attendions pas à affronter qui que ce soit et surtout pas les forces de l’ordre qui ont pour mission de nous protéger », s’est plaint Ingele Ifoto, responsable de la stratégie de la plate-forme de l’opposition.

Par ailleurs, le collectif du 16 février, un regroupement de plusieurs ONG congolaises, a publié un communiqué rappelant « le combat pacifique pour la vérité, la paix, le respect des droits humains et la sauvegarde de la souveraineté nationale », initié par les chrétiens du 16 février 1992, « qui doit se poursuivre, contre vents et marées, jusqu’à l’avènement de l’Etat de droit en RDC ».

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