Nord-Kivu : les combats entre les FARDC et le M23 s’intensifient à Mutaho

Des militaires congolais renforcent leurs positions autour de Goma au second jour des affrontements face aux rebelles du M23 (Photo Monusco)

Les affrontements qui opposent les Forces armées de la RDC (FARDC) aux rebelles du Mouvement du 23 mars (M23) se sont intensifiés ce mercredi 22 mai dans la matinée à Mutaho, localité située à près de 10 km de Goma (Nord-Kivu). Les sources locales rapportent que les deux parties s’affrontent à l’arme lourde. Les rebelles seraient appuyés par des chars de combat.

Des détonations d’obus sont entendues dans plusieurs quartiers périphériques de Goma. Ce qui inquiète les habitants de certains quartiers de la capitale provinciale du Nord-Kivu ainsi que ceux du territoire voisin de Nyiragongo.

Mais, le président de la société civile de Nyiragongo, Jean- Claude Mambo Kawaya, rassure la population. « La situation est sous contrôle des FARDC », assure-t-il.

« J‘appelle la population de la ville de Goma à être calme, à ne pas s’inquiéter car nous savons que l’ennemi est en train de faire courir le bruit selon lequel il arrive bientôt à Rusayo. Il [le M23] affirme que Mugunga, Rusayo et Goma vont tomber », poursuit Jean- Claude Mambo Kawaya.

De son coté, le porte-parole du M23, Vianney Kazarama fait savoir que son mouvement n’a pas l’intention de prendre le contrôle de la ville de Goma. La rébellion se bat pour déloger les militaires de Mutaho, affirme-t-il.

Les rebelles et les militaires congolais s’affrontent depuis le lundi à Mutaho.

Le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende, a déclaré mardi 21 mai que quinze rebelles du M23 ont été tués et vingt et un autres blessés lors des combats qui les ont opposés lundi aux FARDC à Mutaho. Quatre militaires congolais auraient également péri dans ces affrontements. Six autres ont été blessés.

Un bilan démenti par le M23 qui fait état de deux officiers de l’armée tués et plusieurs militaires blessés et affirme avoir recensé dans ses rangs « deux blessés seulement » lors des combats de lundi.

Par ailleurs, le gouvernement congolais et le M23 s’accusent mutuellement d’avoir déclenché les hostilités qui ont obligé plusieurs centaines de personnes à fuir leurs localités. Le gouvernement congolais accuse « un pays voisin » de soutenir la rébellion pendant ces affrontements.
Ces combats se poursuivent alors que le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki Moon est arrivé à Kinshasa.

« Vu ce qui se passe, je pense que nous devons accélérer le déploiement [de la brigade d’intervention de la Monusco] pour qu’il soit pleinement à pied d’œuvre le plus tôt possible », avait déclaré, la veille de son arrivée à Kinshasa, Ban Ki-Moon cité par l’AFP.

Le déploiement de la brigade d’intervention de la Monusco a été décidé par le Conseil de sécurité des Nations unies en mars dernier.

Cette force sera dotée d’un mandat offensif pour combattre les groupes armés actifs dans l’Est de la RDC. Elle sera composée de plus de 3 000 soldats tanzaniens, malawites et sud-africains.

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