L’Onu adopte une résolution sur les violences sexuelles

Dr Denis Mukwege, gynécologue rendu célèbre mondialement pour les soins administrés aux femmes victimes des violences sexuelles dans les provinces du Nord et Sud Kivu en RDC. Photo Facebook Page de We want 2013 Nobel Peace Prize for Dr Denis Mukwege (Octobre 2012)

Le conseil de sécurité de l’Onu a adopté lundi 24 juin une résolution sur les violences sexuelles en zones de Conflit. A l’initiative du Royaume-Uni, le Conseil de sécurité s’est réuni à New York autour du thème “Les femmes et la paix et la sécurité : les violences sexuelles commises en période de conflit”.  Cette nouvelle résolution complète un dispositif mis en place depuis le début du millénaire, grâce notamment à l’adoption de la résolution 1325 du Conseil de sécurité.

Cette réunion s’est tenue en présence de William Hague, le ministre britannique des Affaires étrangères dont le pays préside en ce mois de juin le Conseil de sécurité, du secrétaire général de l’Onu Ban Ki-moon et de plusieurs autres participants parmi lesquels l’actrice Anjelina Jolie, l’envoyée spéciale du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), et de la ministre française des droits des femmes et porte-parole du gouvernement Najat-Vallaud Belkacem.

Lors de son intervention, Ban Ki-Moon n’a pas tari d’éloges sur les efforts accomplis, en particulier dans le domaine du plaidoyer mené notamment par sa Représentante spéciale, Zainab Bangura, par Angélina Jolie et l’avocate Jane Adong Anywar, toutes trois présentes à la réunion. Le Secrétaire général a aussi loué initiatives existante pour l’accompagnement des victimes violées, mutilées, détruites, qui sont menées par des anonymes comme en RDC, à l’hôpital Panzi de Bukavu qu’il a visité le mois dernier.

Mais au-delà de ces efforts indispensables, Ban Ki-moon a insisté sur l’obligation qui incombe aux autorités nationales et au Conseil de sécurité de protéger les femmes et de lutter contre l’impunité. Car, a-t-il fait valoir, la violence sexuelle a des effets dévastateurs sur les survivants, elle détruit le tissu social de communautés entières et menace la paix et la sécurité internationales.

Le Secrétaire général a fait valoir que le nouveau texte qui envoie un signal fort aux auteurs de crimes tenus pour responsables. Cela montre, selon lui, que la prévention de la violence sexuelle est une responsabilité commune, qui doit faire l’objet d’une appropriation nationale. Cela inclut l’arrestation et la poursuite des auteurs, ainsi que la prise en charge des survivants en améliorant l’aide médicale, psychologique, sociale et juridique. Ce qui, au final, pour le Secrétaire général, implique, la mobilisation des ressources nécessaires y compris financières.

« Le corps des femmes, un champ de bataille »

Parmi les ministres et personnalités venues lundi faire entendre leurs voix lundi à New York, figure Najat-Vallaud Belkacem, ministre française des droits des femmes. La porte-parole du gouvernement a estimé que nous vivons aujourd’hui dans un monde dans lequel le viol est utilisé comme une arme de destruction physique, psychologique et sociale, où « le corps des femmes est devenu un véritable champ de bataille ». Ces violences sexuelles commises en période de conflit ne doivent en aucun cas tomber dans l’oubli ou rester impunies.

Pour Najat Vallaud-Belkacem, quatre actions doivent se poursuivre afin de lutter contre les violences sexuelles dans les conflits. Ces quatre actions poursuivent quatre objectifs, les 4 « P » : prévention, protection, poursuites et participation des femmes aux processus de paix et de reconstruction.

En premier lieu, il faut renforcer la protection sur le terrain : les conseillers de protection des femmes jouent un rôle essentiel. La France souhaite que leur déploiement au sein des missions de maintien de la paix et des missions de maintien de la paix et politiques soit étendu au-delà de la République démocratique du Congo et du Mali et qu’elles disposent des moyens concrets de leur action.

En deuxième lieu, il s’agit d’assurer l’accès aux services pour les victimes, en particulier aux services de santé sexuelle et reproductive.

En troisième lieu, il faut donner à la lutte contre l’impunité toute sa réalité. Le stigmate et la honte doivent changer de camp, pour que la victime ne soit plus celle qui subisse les conséquences du crime. Cette tâche revient avant tout aux gouvernements qui ont la responsabilité de poursuivre et de punir. Mais lorsque les États sont défaillants, la CPI, à vocation universelle, peut et doit jouer tout son rôle.

Enfin, la participation des femmes dans la résolution des conflits est la seule réponse durable. La mise en œuvre par la communauté internationale de la résolution 1325 doit se poursuivre sans relâche. Depuis son adoption, la prise de conscience de cette évidence a progressé mais tarde à se concrétiser sur le terrain. Au Mali comme en Syrie, en République démocratique du Congo, en Afghanistan, en Côte d’Ivoire, en République centrafricaine, au Soudan ou en Libye, les femmes doivent pleinement contribuer à la stabilisation de leur pays. Aucune transition ne sera durable sans la prise en compte et la participation de la moitié de l’humanité.

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