Nord-Kivu: le M23 tue des civils et commet des viols, selon Human Rights Watch

Les rebelles du M23

Les rebelles du M23 ont exécuté sommairement au moins 44 personnes et violé au moins 61 femmes et filles depuis mars 2013 dans l’Est de la République démocratique du Congo, indique Human Rights Watch dans un nouveau rapport publié mardi 23 juillet. Des habitants de la région et des anciens rebelles ayant déserté ont fait état à l’ONG d’opérations récentes de recrutement forcé d’hommes et de garçons par le M23 au Rwanda et en RD Congo. Selon ce rapport, le M23 continue de bénéficier du soutien du Rwanda.

Les 25 et 26 avril derniers, des rebelles du M23 ont tué 15 civils d’ethnie hutue dans plusieurs villages du groupement de Busanza dans le territoire de Rutshuru, et au moins six autres à la mi-juin, apparemment pour « punir » les villageois pour leur prétendue collaboration avec des milices hutues congolaises, rapporte Human Rights Watch.

Selon la même source, parmi d’autres civils tués par les combattants du M23 depuis mars figurent un homme âgé de 62 ans qui a été abattu pour avoir refusé de remettre ses fils au M23, un chauffeur de moto qui refusait de donner de l’argent à ce groupe, de nouvelles recrues du M23 capturées après avoir tenté de s’enfuir, et d’autres accusés de collaboration avec des milices hutues.

Le 5 juillet, quatre combattants du M23 ont violé une fille de 12 ans alors qu’elle allait chercher de l’eau près de son village dans le territoire de Rutshuru. Un combattant du M23 a accosté une jeune femme de 18 ans près de Bunagana le 15 avril, et lui a tiré une balle dans la jambe parce qu’elle a refusé d’avoir une relation sexuelle avec lui, souligne l’ONG.

Des habitants de la région et des rebelles déserteurs ont décrit de récentes activités attestant que les forces criminelles du M23 ont reçu de l’aide en provenance du Rwanda, indique le rapport de Human Rights Watch. Parmi ces activités figurent des mouvements réguliers du Rwanda vers la RD Congo d’hommes en uniforme de l’armée rwandaise et l’approvisionnement du M23 en munitions, en vivres et en autres fournitures.

Lire le rapport intégral : RD Congo: Les rebelles du M23 tuent des civils et commettent des viols

Recrutement au Rwanda

Le M23 a mené des opérations de recrutement au Rwanda, souligne le texte. Des officiers de l’armée rwandaise ont formé de nouvelles recrues du M23 et ont communiqué avec et rencontré des dirigeants du M23 à plusieurs reprises, peut-on lire dans le document.

« Non seulement le Rwanda permet au M23 de se procurer des recrues et de l’équipement sur son territoire, mais les militaires rwandais continuent d’apporter un soutien direct à ce groupe qui commet des exactions », a déclaré Daniel Bekele, directeur de la division Afrique à Human Rights Watch. « Ce soutien renforce un groupe armé qui est responsable de nombreux meurtres, viols et autres crimes graves.»

Human Rights Watch dit avoir contacté le chef militaire du M23, Sultani Makenga, mais il n’était pas disponible pour commenter les récentes exactions présumées.

Des demandes d’entretien adressées par Human Rights Watch à des responsables gouvernementaux et militaires rwandais sont restées sans réponse de leur part, indique l’ONG. Dans le passé, les autorités rwandaises ont nié à plusieurs reprises les allégations selon lesquelles le gouvernement apportait son soutien au M23.

Viols commis par des miliciens hutus

Les informations récemment recueillies par Human Rights Watch proviennent de plus de 100 entretiens réalisés depuis mars, y compris avec des anciens combattants du M23 qui ont quitté le mouvement entre fin mars et juillet et avec des civils vivant près de la frontière rwando-congolaise, dont certains ont été victimes d’exactions.

En plus des exactions commises par le M23, Human Rights Watch a documenté plusieurs meurtres et viols commis par des miliciens hutus congolais actifs dans les zones contrôlées par le M23 et aux alentours. Certains officiers de l’armée congolaise auraient apporté un soutien à des factions de ces groupes, ainsi qu’à des factions des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) – une rébellion rwandaise basée en RDC, avance l’ONG.

Cette dernière estime que depuis sa création en avril 2012, le M23 a commis des violations des lois de la guerre sur une grande échelle. Et Malgré les nombreux crimes de guerre commis par ses combattants, le M23 a reçu un appui substantiel de la part de responsables militaires rwandais, affirme Human Rights Watch.

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