Kinshasa: les camionneurs de la nationale n°1 menacent d’aller à nouveau en grève

Embouteillage causé par des camions remorques stationnés devant la Minoterie de Kinshasa (Minokin) le 01/04/2013 attendant leurs déchargements. Radio Okapi/Ph. John Bompengo

Les chauffeurs de camions-remorques et leurs auxiliaires opérant sur la route nationale numéro 1, entre Kinshasa, Matadi et Boma, menacent de reprendre lundi 9 décembre leur mouvement de grève interrompu en avril dernier. Ils exigent toujours l’amélioration de leurs conditions de travail. Selon leur syndicat, les conditions de travail des chauffeurs et convoyeurs se sont détériorées du fait que leurs patrons n’appliquent pas le protocole d’accord du 19 janvier 2013. De son coté, le ministre du travail reconnait les faits et appelle les chauffeurs et leurs auxiliaires à la patience.

Dans un communiqué de presse, la Force routière nationale (Forc), syndicat professionnel de transport routier, affirme que les conditions de travail des routiers sont devenues pires qu’avant la signature de ce protocole.

Les patrons des camionneurs ne veulent pas payer les salaires et primes tels que prescrits dans le protocole et utilisent le licenciement abusif comme moyen pour empêcher les travailleurs à revendiquer leurs droits, indique le document.

Réagissant à ces plaintes, le ministre de l’Emploi, Travail et Prévoyance sociale, Bahati Lukwebo, a reconnu que certains patrons refusent, en effet, d’appliquer l’accord conclu en janvier dernier avec le gouvernement et les représentants des camionneurs. Il promet de sévir après la réunion de ce week-end avec le patronat.

«Il est prévu ce week-end une réunion tripartite à l’issue de laquelle nous allons leur annoncer les mesures qui seront prises. Qu’ils ne puissent pas déclencher le mouvement de grève avant d’apprécier ces mesures», a-t-il plaidé.

Selon Bahati Lukwebo, après évaluation de la situation, seuls les patrons qui respectent les accords pris avec le syndicat des Transporteurs seront autorisés à travailler, même s’ils sont une minorité.

Le président du Forc a aussi annoncé de son côté une série des réunions prévues cette semaine avec les patrons pour tenter de désamorcer la crise.

Un accord avait été signé, sous l’égide du gouvernement le 13 janvier à Kinshasa, par les transporteurs et leurs patrons après une grève de deux semaines déclenchée par ces travailleurs pour protester contre leurs conditions de travail et réclamer une augmentation de salaire.

Selon cet accord, les conducteurs de camions poids-lourds devaient recevoir un salaire mensuel de 300 000 francs congolais (326 dollars américains) et leurs convoyeurs 150 000 francs (163 dollars américains). Les chauffeurs avaient aussi droit à 50 dollars américains de prime et le convoyeur à 25 dollars américains tous les mois.

Trois mois après la signature de cet accord, les camionneurs étaient encore entrés en grève pour protester contre le fait qu’il n’était pas appliqué.

Quarante-huit heures plus tôt, les ministères des Transports et de l’Emploi avaient en effet publié un communiqué conjoint révélant que seuls quatre transporteurs routiers sur vingt-quatre avaient respecté ces engagements.

Le gouvernement avait néanmoins demandé aux transporteurs de lever une fois de plus leur grève, assurant qu’une commission avait été constituée pour descendre sur le terrain et identifier les entreprises récalcitrantes afin de leur retirer leurs agréments.

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