Déraillements au Katanga: le gouvernement conclut à des erreurs humaines

Un train de la Société nationale de chemin de fer (SNCC)

Les déraillements de deux trains de la Société nationale des chemins de fer du Congo (SNCC) à Katongola et Kabongo (Katanga), respectivement les 22 avril et 4 mai dernier, sont dus à des erreurs humaines. Le ministre des Transports, Justin Kalumba, l’a affirmé mercredi 14 mai au cours d’un point de presse à Kinshasa, à l’issue des enquêtes sur ces drames. Selon lui, les conducteurs étaient en excès de vitesse et les wagons étaient surchargés. Ces accidents ont fait au total 141 morts et 194 blessés, selon le ministre Kalumba.

D’après le ministre des Transports et Voies de communication, toutes les missions d’enquête technique sur le drame de Katongola ont unanimement conclu qu’une faute du machiniste instructeur a été à la base de l’accident.

Selon les témoignages de l’aide conducteur, M. Tshienga Kabongo, seul rescapé parmi les membres d’équipage, la locomotive CC 2201-4 était conduite, au départ de Kamina, par M. Kabau Badibanga, sous la supervision d’un machiniste instructeur, M. Ilunga Mbiya.

M. Ilunga Mbiya a ensuite pris les commandes du véhicule pour une raison inexpliquée, selon le ministre. M. Ilunga Mbiya, âgé de 66 ans, n’était pas autorisé à prendre les commandes du train, l’âge maximum des conducteurs de ligne de la SNCC étant fixé à 55 ans, selon lui.

Plusieurs kilomètres plus loin, le conducteur de ligne, M. Kabau Badibanga, ayant constaté que le train roulait à une vitesse exagérée, a demandé au machiniste instructeur de commencer à freiner progressivement. Celui-ci aurait choisi d’ignorer ce conseil jusqu’à la dernière minute.

Suite à un freinage tardif, la locomotive et sa rame ont été entraînées dans le ravin, a expliqué le ministre.

Jusqu’au 6 mai dernier, la Croix rouge avait enregistré un total de 136 morts et 189 blessés. La locomotive était encore couchée dans le ravin, ainsi que la voiture de service et 15 wagons. Seuls 4 wagons étaient restés sur les rails.

Mesures urgentes

Pour le ministre, le lourd bilan humain engage la responsabilité du commissariat de police en charge de l’intersection à bord du train, qui n’a pas su interdire aux clandestins l’accès à bord de ce train marchandise.

Pour éviter d’autres drames similaires, la SNCC prévoit de mesures urgentes, a assuré le ministre. Ces mesures sont notamment :

  • La restructuration de la police ferroviaire ;
  • Le recrutement d’une société d’escorte de trains ;
  • L’installation de caméra de surveillance sur les trains ;
  • L’installation d’enregistreur d’événements ;
  • Le recrutement de 50 nouveaux conducteurs, en prévision notamment de l’arrivée de nouvelles locomotives ;
  • La poursuite des efforts de signalisation et de limitation de vitesse sur les tronçons considérés comme dangereux.

Les trains mis hors de cause

Inauguration de neuf locomotives de la SNCC par le Premier ministre, Augustin Matata Ponyo Mapon, à Lubumbashi (Katanga)

Au lendemain du drame de Katongola, le président de la délégation syndicale de la SNCC à Lubumbashi, Fernandez Tshibondo, avait attribué l’accident à la vétusté des locomotives, dont certaines datent de 1963, selon lui.

Il avait demandé que cette série de locomotives soit retirée de la circulation et que les responsabilités soient dégagées pour que la justice fasse son travail.

Le ministre Kalumba a, pour sa part, rejeté ces allégations. Selon lui, les deux trains reconditionnés acquis par la société, ainsi que les 11 autres pris en location, sont en bon état de marche.

Leur acquisition est un grand pas en avant pour la SNCC qui avait acheté son dernier train neuf en 1976, comme l’explique le ministre Kalumba dans cet extrait sonore.

Fichier audio : téléchargez Flash pour écouter.

Poursuites judiciaires

En ce qui concerne le déraillement du train marchandise HK MDT 214-03 de la SNCC le 4 mai dernier, à hauteur de la localité de Kabongo, le ministre Kalumba a annoncé des poursuites judiciaires contre les responsables.

Cinq personnes avaient trouvé la mort et cinq autres avaient été blessées au cours de cet autre drame ferroviaire dû à un excès de vitesse et à une surcharge du véhicule.

Le ministre Kalumba a annoncé que le conducteur de ce train, M. Mulumba Tshiseba, et le commandant de la police des chemins de fer de Mwadi Kayembe ont été licenciés et déférés devant la justice.

Le premier sera poursuivi pour avoir accepté de tracter un wagon surchargé et dépassé la limite de vitesse autorisée. Quant à l’officier de police, il lui est reproché de ne pas avoir pu empêcher l’accès au train aux passagers clandestins.

Les passagers survivants seront aussi poursuivis pour avoir pris place à bord et au-dessus des wagons d’un train marchandise, a affirmé le ministre.

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