Sud-Kivu: funérailles sous tension des victimes de l’attaque de Mutarule

Un milicien Maï-Maï manipulant son arme dans une brousse à Beni (Nord-Kivu). Ph/Droits Tiers.

Les habitants de Mutarule dans le groupement de Luberizi dans la plaine de la Ruzizi au Sud-Kivu ont enterré, dans un climat tendu ce dimanche 8 juin, leurs proches tués par des hommes armés vendredi. Le nombre des victimes a été revu à trente-six morts. La circulation a été paralysée sur la route nationale numéro 5, barricadée par des jeunes de Mutarule. Cette tension a été perceptible même dans la cité d’Uvira, où des barricades ont également été érigées sur le pont Mulogwe.  

Les corps de victimes gisant sur la route étaient encore bien visibles dimanche matin à Mutarule. Les jeunes en colère refusaient de libérer les dépouilles mortelles. Ils exigeaient la présence des autorités avant de procéder à l’enterrement.

La route nationale numéro 5 est restée bloquer toute la journée. Dans ce climat de tension, l’enterrement n’a été possible qu’en début de l’après-midi.

Les sources sur place ont confirmé la présence du président de l’assemblée provincial, Emile Baleke, élu du territoire d’Uvira, du ministre provincial de d’Intérieur, de celui des transports et communications et du représentant légal l’Eglise locale de la 8ecommunauté des églises de pentecôte en Afrique centrale (Cepac), le pasteur Jean Miruho Ngombera.

Ce dernier a lancé un message de paix et de cohabitation pacifique aux communautés locales. Il a demandé à la population d’enterrer la hache de la guerre et de chercher les voies de sorties dans ce cycle de violence.

De son côté depuis Bukavu, le Mwami de la communauté de Barundi a   condamné «ce massacre» et a indiqué que grâce aux enquêtes, les coupables seraient sévèrement punis. Ces hommes avaient assiégé la chambre de prière de la Cepac de Mutarule, avant de tirer à bout portant sur des fidèles.

Selon les autorités de la province, une enquête est en court pour déterminer les responsables de ces actes criminels.

Trente-six personnes avaient été tuées à Mutarule ainsi qu’à Nyamugali et Katekama dans la nuit de vendredi dernier par des hommes en arme non identifiés. Le premier bilan annoncé par des sources religieuses locales samedi faisait état de trente morts et vingt-quatre blessés. Les assaillants avaient également incendié plusieurs habitations et une église où se trouvaient des fideles.

La Monusco rassure

Samedi, la Monusco a  recensé une trentaine des blesses depuis la plaine de la Ruzizi jusqu’à Uvira et Bukavu.

La Monusco a par ailleurs condamné ces violences inter-communautaires de Mutarule, demandant un arrêt immédiat des affrontements. Dans un communique publié samedi à Kinshasa, le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies en RDC, Martin Kobler, déclare que « Ces violences sont inacceptables et doivent immédiatement prendre fin

Sur le terrain, la mission onusienne soutient activement les FARDC et les autorités locales afin de ramener le calme. Les casques bleus ont notamment évacué les blessés vers les centres de santé.

Le patron de la Monusco assure que «des dispositions sont prises pour assurer la protection des populations locales avec le déploiement de casques bleus dans la localité de Mutarule pour renforcer les FARDC basées sur place

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