Le Rwanda et l'Ouganda accusés d'abriter les ex-rebelles du M23

Boubacar Diarra, envoyé spécial de l’Union africaine dans les Grands-Lacs le 03/06/2014 au quartier général de la Monusco à Kinshasa, lors d’une conférence de presse. Radio okapi/Ph. John Bompengo

En dépit de la débâcle de la rébellion du M23 il y a une année, le Rwanda et l’Ouganda continuent d’héberger les ex-combattants du M23 alors que pour la plupart ils ont déjà bénéficié de la loi d’amnistie. Ce constat a été fait par les organisations membres du Groupe de travail sur le suivi de la mise en œuvre de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba et la résolution 2098 du Conseil de Sécurité de l’Onu. Selon ce groupe de travail, la présence de ces ex-combattants dans les pays voisins constitue une menace pour la sécurité de la RDC.

Une délégation du Groupe de travail sur le suivi de la mise en œuvre de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba et la résolution 2098 est allée rencontrer vendredi 31 octobre à Bujumbura l’Envoyé spécial de l’Union africaine dans la région des Grands Lacs, Boubacar Diara. Ce dernier s’est montré attentif aux recommandations lui proposées par ce groupe de travail, selon Me Omar Kavota, l’un des membres de la délégation.

«S’agissant de la question des éléments M23 hébergés encore au Rwanda et en Ouganda, il [Boudacar Diara] nous a annoncé qu’il est déjà en pourparlers avec les deux Etats ainsi que la RDC pour que les [éléments] M23 qui sont encore hébergés là soient ramenés au pays», a témoigné Me Kavota.

Boubacar Diara a assuré la délégation de ses échanges réguliers avec l’Envoyé spécial des Nations unies dans la région des Grands Lacs, Said Djinit, sur la question des rebelles ougandais des ADF. Et ils ont convenu dans un avenir le plus bref de mener des opérations conjointes pour en découdre avec les ADF, a rapporté Me Omar Kavota.

En outre, selon la même source, l’Envoyé spécial de l’Union africaine dans la région des Grands Lacs s’est dit favorable à une opération militaire contre les rebelles hutus rwandais des FDLR, encore présents dans l’Est de la RDC.

«Mais, nous sommes en train de nous dire que comme la SADC et la CIRGL ne partagent presque pas cette approche, il importe que l’Union africaine pèse de son poids sur ces deux structures pour qu’on en finisse avec ce problème qui continue de déranger la quiétude de la population congolaise», a poursuivi M. Kavota.

Réunis jeudi 14 août dernier à Luanda en Angola, les chefs d’Etats et des gouvernements de la Conférence Internationale sur la région des grands lacs avaient lancé un nouvel ultimatum jusqu’au 31 décembre 2014 aux FDLR pour déposer volontairement les armes et accepter d’intégrer le processus de démobilisation et rapatriement (DDRRR). En cas de refus, les FDLR s’exposeraient à des actions de désarmement forcé.

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